• Lumière, le voyage de Svetlana

    Auteur : Carole Trébor
    Éditeur : Rageot
    Année de parution  : 2016
    Format : broché
    Genre : historique, fantastique
    Nombre de pages : 384

    Entre raison et passion, ombre et lumière, le destin captivant de Svetlana.

    Hantée par la dernière volonté de sa mère adoptive, Svetlana quitte le Paris des Lumières pour rejoindre la Russie des tsars. Au cours de ce voyage, elle rencontre des êtres mystérieux, Varlaam et Mira, et se découvre d'étonnants pouvoirs...
    Pour accepter sa véritable identité, Svetlana doit affronter sa part d'ombre. Et qui, de Boris l'officier d'élite, ou d'Aliocha, le paysan rebelle, l'aidera à se révéler à elle-même?

    Carole Trébor nous offre une histoire des plus originales dans le monde de la littérature pour adolescents; un roman historique se déroulant à l'époque des Lumières et dont l'héroïne n'appartient pas à l'aristocratie. De plus, on sort des frontières françaises. C'est très plaisant de découvrir d'autres décors et la culture russe rarement abordée par les auteurs francophones.

    La première partie du roman est très plaisante. Le narrateur nous décrit une ville sale et puante, fidèle au Paris de l'époque. Au milieu de la fiction, il y a beaucoup de références à des éléments historiques réels : le père de Svetlana a participé à l'élaboration de la fameuse Encyclopédie, Denis Diderot a un rôle secondaire (un ravissement pour moi qui avait adoré Jacques le fataliste)... On est complètement plongé dans cette époque où les Arts et la connaissance avaient une place si importante.
    Suite à la lecture d'un courrier de sa défunte mère adoptive, Svetlana va donc entreprendre un voyage dangereux vers la Russie. A partir de là, il est également fait référence à plusieurs éléments et personnages réels (que je ne connaissais pas, cette fois); il n'est pas nécessaire de savoir de quoi il retourne pour suivre l'histoire de Svetlana, mais pour les plus curieux, un index explicatif est présent à la fin du roman. J'aime beaucoup m'instruire en lisant une fiction, et c'est vraiment le gros plus de celle-ci!
    J'ai beaucoup aimé le personnage de Guy (le voisin de Svetlana) et Varlaam et Mira forment un couple intrigant et attachant. Svetlana est une héroïne cultivée et courageuse qu'on prend plaisir à suivre dans sa quête.J'ai moins apprécié Aliocha qui ne semble pas avoir de personnalité profonde : il exécute les demandes de Svetlana sans protester, il se précipite dans chaque bataille qui se présente, etc; un personnage qui m'a peu intéressée. J'étais cependant impatiente de voir Catherine II entrer en scène, et j'ai été déçue qu'elle soit si peu importante dans la quête de Svetlana. Dommage également que la vérité concernant Boris se devine à des kilomètres...
    Je dois aussi avouer que je n'ai pas été conquise par le côté fantastique de l'histoire. Toute la complexité et les dangers que la magie engendre sont résolus trop facilement. Ceci se fait cruellement sentir dans les vingt dernières pages qui concentrent toute la résolution de l'intrigue à elles seules. Je conçois que le voyage de Svetlana a tout de même été rude (conditions climatiques difficiles, impasses, courses poursuites, etc) mais cette fin est vraiment trop expéditive et certains détails sont même absurdes (faire garder la geôle d'un personnage doté de pouvoirs magiques et accusé de trahison envers l'empire par une petite poignée de soldats, par exemple).

    En conclusion, Lumière est un roman en demi-teinte. Laissez-vous néanmoins tenter si vous êtes adepte de bons romans historiques.

     

    Note

     

           La nuit tombe déjà. Aliocha me rejoint dans l'habitacle, les bruits nocturnes s'élèvent peu à peu, il tend l'oreille, aux aguets.
         - Va y avoir une tempête bientôt, me prévient-il, les sourcils froncés.
         - Pourquoi tu dis ça?
         - T'as pas entendu le hululement d'la chouette?
         - Non...
         - Elle m'a averti. Les chouettes, elles sont les messagères des dieux des vents, affirme-t-il avec le plus grand sérieux.
           Ces oiseaux pourraient le prévenir d'une tempête grâce aux modulations particulières de leurs hululements? Cela me laisse sceptique...
         - Qu'est-ce que c'est que ces superstitions? Tu crois vraiment à ce que tu dis?
         - J'le connais pas ce mot, superstition, ça veut dire quoi?
       - Une superstition, c'est une croyance qui n'est pas fondée sur des faits prouvés. Ni sur un raisonnement... Ni sur une expérience.
         - Et alors? Tu crois peut-être que j'invente? Ce que j'te dis, ça vient toujours de ce que je vis, en vrai!
           Je ne rétorque rien, sa protestation est légitime, ses prédictions se sont déjà révélées exactes et j'ai bien du mal à l'accepter et à le comprendre. Peut-être ces présages ne sont-ils pas vraiment des superstitions, mais relèvent-ils plutôt de sa connaissance expérimentale de la nature qu'il déchiffre comme je déchiffre mes livres? Chaque arbre raconte une histoire, m'a-t-il dit il y a quelques jours. La forêt est pour lui une immense bibliothèque emplie de recueils de contes, de poèmes, d'ouvrages de philosophie et de sciences.


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  • Le groupe

     

    Auteur : Jean-Philippe Blondel
    Éditeur : Actes Sud Junior
    Année de parution : 2017
    Format : broché
    Genre / Thématiques : contemporain, exercices d'écriture
    Nombre de pages : 125

           "On a tous été très secoués. Par toutes les histoires. Les fausses. Les vraies. C'est comme si nous avions été projetés à l'intérieur d'un film très réaliste. Juliette et Camille s'essuyaient les yeux. Boris fixait le plafond pour contrer l'émotion. Mais le plus troublant, c'était Mme Grand. Alors, elle, les digues ont lâché. Elle était carrément en PLS. C'est bizarre de voir un adulte pleurer."

    Durant cinq mois, dix élèves de terminale et deux professeurs se réunissent une heure par semaine dans un monde clos pour écrire. Pour tous, c'est un grand saut dans l'inconnu. Les barrières tombent, ils seront tous au même niveau, à découvert. Un groupe à part.

    Quand on parle d'écriture qui rapproche élèves et professeurs, je ne peux pas m'empêcher de penser au Cercle des poètes disparus, oeuvre littéraire et cinématographique mythique. J'ai donc eu peur que Le Groupe soit, en comparaison, un peu fade. J'avais entièrement tort.
    Deux professeurs de philosophie organisent cet atelier d'écriture auquel dix élèves s'inscrivent. Sous forme de points de vue internes successifs, chacun va écrire en suivant la consigne de la semaine. Certains travaux s'avèrent difficiles -voire impossible- pour plusieurs participants. Pourquoi? On le découvre au fur et à mesure des différents écrits et des réactions qu'ils suscitent parmi élèves et professeurs. Au début, tout le monde se jauge, se juge, se colle une étiquette et en colle une sur les autres; car l'adolescence est l'âge où on juge sur les apparences et où on met tout en oeuvre pour parfaire la sienne.
    Progressivement, grâce à l'atelier, certains vont baisser la garde, se dévoiler aux autres et apprendre à apprécier les autres malgré leurs différences. Plusieurs personnes ressentent le besoin pressant de se côtoyer hors de l'établissement scolaire; l'écriture les a libérés et a profondément changé leur perception des autres. On ressent chez tout le monde au début du livre une individualité et une solitude qui leur semble nécessaires; à la fin, ce dont ils ont besoin, c'est des autres.
    J'ai beaucoup aimé ce roman court et efficace. L'écriture est simple mais on perçoit aisément la personnalité de chacun, ses forces et ses faiblesses. Je croyais déjà au pouvoir salvateur de l'écriture et cette histoire m'a confortée. La couverture peut paraître peu engageante au premier abord mais elle prend tout son sens une fois qu'on est plongé dans l'histoire. Les exercices et la façon dont les participants y répondent sont tellement prenants qu'on a volontiers envie de s'y prêter, de s’intégrer au groupe. Pourquoi pas écrire une suite? Un nouvel atelier avec un nouveau professeur? Une nouvelle promotion d'élèves? Car en refermant le livre, on en veut encore!
    Ce livre plaira assurément aux passionnés d'écriture, à ceux qui croient en ses bienfaits ou à ceux qui ont besoin de les connaître.

     

    Note

           MAXIME - 17 ans - TERMINALE L1

           Je sèche. Je ne veux pas relever la tête, parce que je n'ai pas envie de voir toutes ces silhouettes penchées sur leurs copies. Déjà que j'entends le crissement des mines sur le papier.
           En fait, je ne comprends pas. Bon, je ne suis pas idiot, hein? Au contraire, même. J'ai tendance à être en tête de classe. Voire le meilleur. En histoire-géo et en langues vivantes surtout. En philosophie, cette année, la Mère Grand me saque un peu. Elle trouve que je fais trop de circonvolutions que -comment l'a-t-elle dit l'autre fois?- "j'essaie de noyer le poisson". En gros, que je fais de jolies phrases pleines de subordonnées, d'adverbes et d'adjectifs consciencieusement choisis, des phrases qui ont tendance à donner le vertige au lecteur, mais qui fâchent ce dernier quand il se rend compte que, en fait, elle ne recouvrent que du vent. Des idées stéréotypées. C'est pour ça que je suis là cet après-midi. C'est elle qui m'a forcé. Non, je ne suis pas honnête quand je dis ça. Elle me l'a conseillé. Elle pensait que cela pourrait m'être utile. Jamais on ne m'a parlé comme ça. Avec ce petit sourire condescendant qui t'écrase et te fait sentir comme le dernier des imbéciles. Les profs me respectent d'habitude. Je travaille sérieusement, j'applique les consignes, j'apprends les leçons, j'effectue les recherches demandées, je participe en classe, je ne vais pas leur parler à la fin de l'heure parce que je sais que ça les énerve.  Mme Charmonney, l'an dernier, a même déclaré au conseil de classe que j'incarnais l'élève idéal.[...]
           Ma vie sociale -je préfère ne pas en parler. Je feins de m'en moquer éperdument, je traverse les couloirs à grandes enjambées, en fixant un point au-dessus de la tête de mes congénères, je hante le CDI à la pause du déjeuner. Je prétends que je suis au-dessus de tout ça. Ce qui est curieux dans cette comédie, c'est que je suis persuadé que personne n'est dupe. Ni mes camarades. Ni les profs. Ni moi, surtout. Nous savons tous que je suis seul à en crever.


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  • Les Pluies, tome 1

    Auteur : Vincent Villeminot
    Éditeur : Fleurus
    Année de parution : 2016
    Format : broché
    Genre : aventure, catastrophe naturelle
    Nombre de pages : 340

           Kosh sortit sous le déluge, courut le longe de la rue nationale. Les rares voitures en stationnement avaient déjà de l'eau au ras de leurs caisses. Le courant était fort. Quand il arriva au Nord du village, il comprit que c'était foutu. Il n'y avait plus de pont, ici non plus. Le tablier, le parapet apparaissaient encore parfois dans la boue écumante. Rien de plus. L'eau rugissait et roulait à hauteur du haut des digues. De l'autre côté, sur l'autre rive : plus de prairie, plus d'herbe - juste un fleuve immense large comme un bras de mer.

           On est coupé du monde...
    Il revint en courant vers la maison. Que faire? L'eau pouvait-elle monter jusqu'au étages?
    - On va à l'église. Suivez-moi!
    - A l'église? demanda Lou.
    - Ouais, dans le clocher. C'est l'endroit le plus haut du village. Pressez-vous, l'eau arrive...

     Kosh, Lou, Noah, Malcolm et Ombre sont cinq enfants qui se retrouvent livrés à eux-mêmes quand, au bout de huit mois de pluie ininterrompue, l'eau déborde des digues et inonde rapidement la ville. Tout au long du roman, on a ce sentiment d'urgence, cette idée que les personnages se doivent d'agir vite s'ils tiennent à survivre. Kosh, le plus âgé, adosse naturellement le rôle de leader mais d'autres ont aussi des talents qui serviront au groupe. Ma déception est que Lou, la seule fille du groupe (hormis Ombre, le nourrisson), n'apporte pas une grande contribution à la survie. On a le sentiment qu'elle est là uniquement pour enchanter Kosh et pour s'occuper d'Ombre. Mon petit côté féministe espère qu'elle s'affirmera un peu plus dans le tome suivant. Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages de manière générale. Il y comme une distance instaurée entre eux et le lecteur, comme si la survie était plus importante que de se faire apprécier. C'est peut-être volontaire de la part de l'auteur mais cela représente pour moi un point négatif.
    En revanche, là où Vincent Villeminot est très fort, c'est qu'il est impossible de deviner ce qui va arriver aux héros. Quand on connaît leur situation de départ, on suppose qu'ils ne peuvent pas rester dans leur village, mais chaque étape de leur voyage est une surprise et les rebondissements éclatent quand on s'y attend le moins. L'apothéose arrive dans les vingt dernières pages où l'action et le suspense sont à leur comble. L'épilogue ouvre sur la suite, mais mieux vaut ne pas faire de suppositions hâtives sur les prochaines péripéties car l'auteur va très certainement prendre un chemin complètement différent.
    L'écriture est fluide et dynamique. Moi qui ai une fâcheuse tendance à décrocher quand il y a trop de descriptions, j'ai réussi à suivre celles de ce roman. Elles sont plus que nécessaires pour maintenir le sentiment d'urgence; il n'y en a ni trop ni pas assez.

    En résumé, malgré des personnages un peu fades, Les Pluies est un roman d'aventure très intense -limite frissonnant quand on s'imagine dans une telle situation. Et vous, pensez-vous pouvoir survivre au déchaînement des éléments?

     

    Note : 

        La réserve de barreaux de la rampe d'escalier s'épuisait, même s'ils maintenaient des feux de plus en plus modestes. La batterie du téléphone de Lou était vide depuis longtemps. Si la catastrophe était générale, il ne fallait compter que sur soi. Kosh en parla à Lou avant le dîner, profitant d'une énième bouderie des deux affreux, qu'il avait séparés. Peut-être pourrait-il nager de maison en maison, expliqua-t-il... Entrer en apnée dans les salons, récupérer des morceaux de bois, des câbles et des cordes, des conserves aussi? C'était très incertain, mais sans doute l'était-il encore d'avantage d'attendre sans rien tenter.
       - Kosh, si tu redescends et que tu te noies, je serai seule avec eux trois. Et Noah a une telle trouille de l'eau qu'il ne nous servira à rien.
       - Tu préfères qu'on meure de faim ici, sur notre perchoir?
       Elle secoua la tête mais ne répondit pas. Il ne devina pas de réponse non plus dans ses yeux clairs. Étrangement, la catastrophe et ces trois jours d'attente, d'espoirs déçus, les éloignaient, chacun se repliant dans la défense de son frère au gré des disputes de Noah et Malcolm; et Lou reprochant à Kosh ses humeurs quand il n'en pouvait plus d'entendre brailler la petite.
       Peut-être aussi avaient-ils tout à fait cessé de croire aux miracles?


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  • Les Porteurs, tome 1

    Auteur : C.Kueva
    Éditeur : Thierry Magnier
    Année de parution : 2017
    Format : broché
    Genre : science-fiction
    Nombre de pages : 303

    Gaëlle a choisi d'être une femme, Flo hésite encore. Matt, lui, sait que dans trois mois, il deviendra un homme. Dans cette société, tous les enfants naissent hermaphrodites. A seize ans, les adolescents doivent choisir leur sexe. Tous, sauf ceux atteints d'une déficience qui les condamne à un autre destin. On les appelle les Porteurs. Matt découvre qu'il est l'un de ceux-là. Mais que cache vraiment la déficience des Porteurs? Pourquoi l'Etat les tient-ils sous haute surveillance? Une formidable histoire de manipulation, de secret d'état, et bien entendu, d'amour.
    Ce premier roman est le premier volume d'une trilogie.

    Nous voici dans une société futuriste où un incident nucléaire a bouleversé les lois de la nature : la reproduction naturelle n'existe plus et les êtres humains ont la possibilité de choisir leur sexe à seize ans. Ce choix constitue un événement majeur dans la vie de chaque individu et les pre-Seza (les enfants qui n'ont pas encore de sexe défini) sont très encadrés avant de donner leur verdict. Matt en fait partie et sa décision est déjà claire dans sa tête, mais tout ne va pas se passer comme prévu...
    Le concept est très original. J'aime bien l'idée d'un monde où on pourrait choisir son genre, où cette distinction ne serait pas le fruit du hasard mais une vraie décision personnelle. La seule chose qui me dérange, c'est que l'homosexualité semble avoir complètement "disparu" de cette société. Faut-il obligatoirement devenir femme si on sent une attirance pour les hommes? Matt dit à un moment quelque chose du genre : Gaëlle aimait se faire belle et marcher avec élégance; le choix d'être une femme s'est donc imposé naturellement à elle. Pourquoi tomber dans un tel stéréotype? Gaëlle aurait très pu être un homme maniéré. Si le choix du sexe semble dans un premier temps représenter une nouvelle liberté chez les êtres humains, certaines réflexions des personnages laissent sous-entendre qu'ils sont en fait très formatés et que leur décision finale est influencée par beaucoup d'idées arrêtées. Est-ce intentionnel de la part de l'auteur?
    Si Matt est un personnage lambda qui ne fait pas trop d'histoires, Gaëlle, sa petite-amie, est beaucoup plus extravertie et démonstrative; je trouve que ces deux-là forment un duo qui fonctionne bien. Je n'ai pas été surprise qu'on découvre une société secrète qui désapprouve les soins apportés par le gouvernement aux Porteurs; j'aurais en revanche aimé sentir que les héros courent un véritable danger. Malgré tous les secrets révélés, on ne sent pas que les méthodes qu'ils emploient ne leur fait pas courir un énorme risque. Peut-être que le rythme s’accélérera dans les tomes suivants mais dans celui-là, l'action manque cruellement. La fin reste pourtant très surprenante. Impossible de deviner dès le début dans quel état seront les héros à la fin du livre.

    En résumé, même si aucune menace n'est vraiment apparente dans ce premier tome au sujet innovant, beaucoup de questions sont soulevées et méritent qu'on s'intéresse aux prochains tomes pour y répondre. Affaire à suivre...

     

    Note

              La vie peut basculer en une seconde. On a des projets pour ses prochaines vacances, des questions sur son orientation scolaire, des espoirs amoureux, des partitions de guitare à déchiffrer, une contrariété pour sa coupe de cheveux ratée ou un bouton mal placée sur le nez et la seconde suivante plus rien de toue cela n'a de sens. Les tracasseries d'avant nous paraissent, avec le recul, de doux moments de légèreté quotidienne. On les chérit, elles nous attendrissent, on aimerait tant retrouver l'insouciance. Celle qui nous a fait confondre l'insignifiant et l'important. Mais la seconde d'après nous ramène à une autre échelle. On découvre que l'important, c'est autre chose que la mauvaise note en maths ou les vacances ratées. Ensuite, on repense à cette seconde, on se la repasse en boucle dans la tête. On essaie de figer le temps d'avant, comme si on pouvait, à force d'y revenir encore et encore, effacer la seconde fatidique et reprendre le cours normal de l'existence.

              Cette seconde-là, elle est arrivée au petit-déjeuner, quelques jours après la Seza de Flo. Je m'en souviens précisément car j'avais remarqué l'enveloppe sur le guéridon dans l'entrée, là où Julien avait posé le courrier récupéré dans la boîte aux lettres. Sur cette enveloppe, il y avait le même logo que sur celle de Flo, le logo rouge du CPH. Pourquoi le Centre de Planning Hormonal nous écrivait-il? Peut-être pour préparer ma Seza mais ça me semblait un peu tôt.


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  • Le Sang des Dieux et des Rois, tome 2

     

    Auteur : Eleanor Herman
    Éditeur : Robert Laffont
    Collection : R
    Année de parution : 2017
    Format : numérique
    Genre : historique, fantasy
    Nombre de pages (de l'édition papier) : 384

    Magie sanguinaire, amours interdites et soif de vengeance : ni les dieux ni les rois ne sont à l'abri de la folie des hommes.
    Sorti victorieux de sa première bataille, le prince Alexandre se faire violence pour devenir le chef dont son royaume a besoin.
    Héphestion, temporairement écarté du pouvoir et envoyé en Egypte avec Katerina, doit la protéger d'une terrible prophétie.
    Déterminé à faire une croix sur son premier amour, Jacob le guerrier s'esr promis d'éradiquer la Magie de Sang et cherche l'aide de Cynané, qui croupit dans les geôles royales.
    La princesse persane Zofia, enfin, qui poursuit sa quête des Dévoreurs d'Âmes, devra d'abord démêler les noirs secrets de son séduisant mais funeste ravisseur...
    Deuxième livre du Sang des Dieux et des Rois, la saga historico-fantasy bientôt adaptée par Warner Bros en série TV

    Merci à NetGalley et aux éditions Robert Laffont pour ce livre numérique.

    J'avais tellement hâte de retrouver les personnages de cette série dont le tome 1 fut un véritable coup de cœur! (chronique par ici). Quelques jours se sont passés entre la fin du 1 et le début du 2. Les personnages sont tous éparpillés aux quatre coins de la Grèce antique et vivent des aventures complètement différentes.
    C'est très compliqué de parler de ce livre sans spoiler le premier... Malgré le fait que les faits et gestes de chacun soient toujours aussi inattendus, j'ai regretté que Katerina soit plus en retrait et moins hargneuse. Je trouvais que c'était elle qui menait "le jeu" dans le premier, et ici, tout est beaucoup moins intense. Les personnages semblent moins "motivés". La seule qui est toujours aussi déterminée (voire pire encore), c'est la terrible Cynané. Malgré le vice qui l'habite, je suis curieuse de voir comment elle va se sortir de la situation dans laquelle elle est embourbée à la fin de ce livre. Jacob et Zofia prennent de plus en plus d'importance et leur caractère est plus développé, au détriment d'Alexandre et même Olympias, moins intéressants qu'à leurs débuts. Point positif, certaines rencontres, alliances et mésalliances surprennent (dans le bon sens du terme). On sent qu'aucun lien n'est acquis entre les personnages.
    Pour parler plus du "scénario", la Magie prend une part beaucoup plus importante, que ce soit la bonne ou la mauvaise. Je pense qu'à l'avenir, les combats risquent d'être beaucoup plus redoutables que de simples coups d'épées. Certains mystères sont résolus mais d'autres apparaissent en même temps pour préserver le suspense.
    En somme, ce tome donne l'impression d'être un entre-deux dans la série, un pont entre deux tomes forts. Il est moins passionnant que le premier mais promet un tome 3 où les révélations devraient continuer et les combats s'intensifier.

     

    Note

           Katerina sent les battements du coeur d'Héph rebondir dans sa poitrine, sa barbe de trois jours lui gratte la joue. L'espace d'un instant, elle parvient à se convaincre que c'est Jacob qui la serre dans ses bras. Elle prend une profonde inspiration et un mélange d'effluves monte à ses narines : les accents citronnés de son parfum hors de prix, l'odeur de propre d'une tunique, lavée par les petites mains de la buanderie royale, l'écurie, le cuir. Dans son souvenir, Jacob sentait le feu de bois et la glaise.
           C'est bien Héphestion auquel elle se cramponne ainsi - le garçon vaniteux et arrogant qui a éveillé en elle une haine viscérale [spoil]lorsqu'il avait voulu la faire arrêter sous prétexte qu'elle avait escroqué un parieur lors du Tournoi de Sang. Le garçon qui avait fait appel à sa ruse et à son courage pour la tirer d'un cachot insalubre, où elle avait été enfermée sous de fausses accusations.[fin de spoil]


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