• La Rumeur, tome 1

    La Rumeur, tome 1

    Auteur : Solenne Hernandez
    Éditeur : Edilivre (auto-édition)
    Année de sortie : 2016
    Format : numérique
    Genre : Aventure, dystopie
    Nombre de pages (du format papier) : 424

    La Rumeur, tome 1

    La crise a sévi bien plus que de raison au fil des années, au point de laisser le monde et ses habitants aussi pauvres matériellement qu'humainement. Les cœurs sont aussi vides que les maisons, mais heureusement une nouvelles forme de gouvernement s'est érigée en sauveuse de l'humanité : le Secteur.
    Là où personne ne trouvait de solution pour mettre un terme à cette crise dévastatrice, le Secteur a trouvé un remède. Mais à quel prix?
    Dans ce monde où plus rien ne compte, où plus rien ne va, où le bonheur a presque disparu, les rêves sont, dit-on, devenus une denrée rare, et donc, incroyablement précieuse. Toute personne encore capable de rêver porte en elle un bien d'une valeur inestimable, si inestimable que le Secteur décide de se l'approprier...

    La Rumeur, tome 1

    Merci à Solenne Hernandez et à Aurélie du blog Des livres et moi pour m'avoir fait gagner ce livre lors d'un concours.

    Au début de ce livre, nous assistons à l'anniversaire du jeune Brewen qui fête ses huit ans. Parmi les invités, il y a notamment son cousin Oswald avec qui il fait les quatre cents coups. Les différents membres de la famille habitent un tout petit village de campagne paisible et sans histoire. Tous y coulent des jours heureux et les deux enfants sont avides de récits cauchemardesques relatant de sombres événements. Le lendemain de l'anniversaire de Brewen, le cauchemar devient réalité. Les cousins parviennent à s'enfuir et trouvent refuge dans un autre village plus reculé. Ils auront un répit de dix ans avant que les événements ne se répètent... Qui donc les poursuit et pourquoi s'intéressent-ils tant aux enfants?

    J'ai été immédiatement happée par l'écriture fluide et maîtrisée de l'auteur. Entre les pensées des personnages, le retour dans le passé des uns et des autres, les courses-poursuites et la peur constante, on n'a pas le temps de s'ennuyer... Du moins au début. J'avoue qu'au bout de quelques centaines de pages [SPOIL : à partir de la rencontre avec Eulalie, Gabe et les autres], j'ai un peu regretté qu'il n'y ait pas plus de dialogues et moins de récit, pour accélérer un peu le rythme de l'histoire. Ce sera la seule critique négative que je soulèverai.

    Autrement, j'adore chaque personnage : Brewen, Oswald et d'autres qui apparaîtront par la suite. Je trouve que c'est brillant d'avoir fait d'Oswald un personnage aussi captivant malgré son mutisme. Je serais incapable de dire pourquoi, mais mes passages préférés sont les flash-back qui présentent les différents personnages emprisonnés. Le danger est bien réel, on tremble autant que les protagonistes et je suis bien curieuse de connaître les motivations du Secteur. La fin arrive trop vite! Résultat, le tome 2 est déjà dans ma pile à lire.

    La Rumeur est une série dystopique auto-éditée très prometteuse qui mérite qu'on parle d'elle. J'adore les romans qui plaisent, non pas parce qu'ils ont de sublimes couvertures ou qu'ils sont vendus par de gros éditeurs, mais simplement parce qu'ils sont passionnants et bien écrits.

     

    Note

    La Rumeur, tome 1

    La Rumeur, tome 1

           "Brewen, courez! Partez, vite! On vous rejoint là-bas, fuyez!"
           A l'instant où ses parents se redressaient, Brewen vit avec horreur cinq ou six immenses silhouettes sombres apparaître derrière eux. Lilas, plus vive que jamais, s'empara d'une immense faux qu'elle projeta devant elle comme une arme.
           "FUYEZ! hurla-t-elle. FUYEZ ET NE VOUS RETOURNEZ PAS!"
           Oswald. Il devait sauver Oswald, comme ses parents lui avaient dit. Pour ne pas avoir à affronter la réalité, Brewen ferma les yeux, tellement fort qu'il vit apparaître devant lui des points scintillants. Peu importait. Il se retourna, et se mit à courir, entraînant Oswald dans sa course. Ils entendaient derrière eux des sons terribles, des voix, des hurlements, des craquements. Et ils coururent, ainsi, de longues minutes, des heures peut-être. Brewen suivait les instructions de son père à la lettre : ils retrouvèrent Timaël, celui-ci les mena dans un étrange village, à l'abri des regards, un village où personne ne se parlait. Ceux qui n'étaient pas en fuite aidaient les nouveaux arrivants.
           Oswald ne lâchait pas la main de Brewen, dont les yeux ne quittaient pas une seule seconde l'entrée du village. Ses parents allaient arriver comme ils l'avaient promis, puis, Oswald lâcherait sa main pour courir dans les bras de Romance et Zac, et tout ça ne serait qu'un mauvais souvenir, n'est-ce pas?


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  • Le Sang des Dieux et des Rois

     Le Sang des Dieux et des Rois, tome 1

    Auteur : Eleanor Herman
    Éditeur : Robert Laffont
    Année de parution : 2016
    Format : numérique
    Genre : historique, fantasy
    Nombre de pages (au format papier) : 560

    Le Sang des Dieux et des Rois, tome 1

    Imaginez une époque où les dieux s'amusent des souffrances des hommes.
    Où des forces maléfiques se déchaînent aux confins du monde connu.
    Où des cendres des villes naissent des empires.

    Alexandre, héritier du trône de Macédoine, est en passe de découvrir son destin de conquérant, mais il est irrésistiblement attirée par une nouvelle venue.
    Katerina doit naviguer dans les eaux troubles des intrigues de la cour sans dévoiler sa mission secrète : tuer la reine.
    Jacob est prêt à tout sacrifier pour gagner le coeur de Katerina. Même s'il doit pour cela se mesurer à Héphestion, tueur sous la protection d'Alexandre.
    Enfin, par-delà les mers, Zofia, princesse persane fiancée à Alexandre malgré elle, part en quête des légendaires et mortels Dévoreurs d'âmes, seuls capables d'infléchir son destin.

    Le Sang des Dieux et des Rois, tome 1

    Merci à Netgalley pour ce livre numérique.

    Bienvenue dans les grands royaumes antiques! Là où de redoutables guerriers en armure combattent pour de puissants seigneurs; là où les grandes dames étalent leurs beaux bijoux et tissus au milieu des gigantesques réceptions au sein des palais; là où tous les moyens sont bons pour éradiquer quiconque empêche ses rêves de gloire et de pouvoir...
    Ce qui m'a frappée d'emblée dans ce livre est la profusion de personnages. L'auteur a même pris le temps de donner des noms aux "figurants". Cependant, il y a dans le style d'écriture une prouesse qui fait qu'on comprend rapidement sur quels personnages s'attarder et lesquels mettre de côté. De plus, cette impression d'être dans des lieux constamment bondés concordent bien avec l'idée qu'on se fait des palais dans l'Antiquité. De manière générale, les descriptions nous plongent complètement dans cette époque : l'architecture, les vêtements, la nourriture, le mode de vie, etc. C'est un vrai régal!

    Parmi les personnages principaux, j'avoue avoir du mal à choisir mon préféré; peut-être Kat mais les aventures de chacun sont passionnantes et j'adore le fait qu'ils aient tous des bons et des mauvais côtés. Partant du même principe, je n'arrive pas à haïr totalement les mauvais personnages. Quoique si, Cynané mériterait le bûcher!

    Il n'y a jamais de temps mort dans le récit, on ne s'ennuie jamais. Histoires d'amour, rivalités, guerre, complots, secrets... Il y en a pour tous les goûts. Même si j'ai vite deviné le mystère qui entoure Kat, je trouve l'idée bonne et j'ai hâte d'en savoir plus parce qu'évidemment, la fin tombe alors qu'on n'a pas toutes les réponses. Bref, vous aurez compris que ce livre est un vrai coup de cœur et j'espère que la suite est toute aussi palpitante. Petites infos supplémentaires : cette série sera une tétralogie (4 tomes) et va être prochainement adaptée par Warner Bros en série TV.

     

    Note

    Le Sang des Dieux et des Rois, tome 1

    Le Sang des Dieux et des Rois, tome 1

           Même si Héph est mince et agile, et même s'il fait une bonne tête de plus que son adversaire, le Tyrrhien est un acrobate exceptionnel qui, pour échapper aux coups d'épée, enchaîne roulades et sauts périlleux à la grande joie du public. Comme il n'a pas de bouclier, rien n'entrave ses mouvements. Alex sent l'inquiétude monter en lui lorsqu'il devient clair qu'Héph perd peu à peu patience.
           Reste calme, mon ami.
           L'acrobate cabotine, ses traits élastiques se tordent, il mime la terreur et se précipite dans le bassin accompagné par les rires de la foule. Héph se fige, le regard noir. Alex sait qu'il ne peut pas supporter d'être ridiculisé devant le roi et les habitants de Pella. Pataugeant dans le bassin, son adversaire s'arme de son lance-pierres et un petit caillou vient frapper Héph en plein front. Héph porte la main à sa tête et l'hilarité gagne les gradins. Philippe se tape sur les cuisses.
           Le petit bonhomme exécute une révérence comique et plonge dans l'eau tandis qu'un Héph fou furieux se jette sur lui.
           Non, Héph, c'est un piège.


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  • The Effigies, tome 1

    The Effigies, tome 1

    Auteur : Sarah Raughley 
    Éditeur : Lumen
    Série : The Effigies
    Année de sortie : 2017
    Format : broché
    Genre : fantastique
    Nombre de pages : 445

    The Effigies, tome 1

    "Je m'appelle Maia Finley, j'ai seize ans et je suis la nouvelle Effigie." 
    Depuis quelques jours, Maia se répète ces mots en boucle, sans oser les prononcer à voix haute. Car à la minute où le monde l'apprendra, sa vie basculera. Elle deviendra une véritable célébrité, ses fans boiront la moindre de ses paroles... et son espérance de vie chutera drastiquement.
    C'est que les Effigies, ces jeunes femmes dotées chacune d'un pouvoir unique lié aux quatre éléments, ne sont pas là par hasard : elle doivent protéger l'humanité des Spectres - des créatures de cauchemars, mélange de chair pourrissante et de ténèbres - qui la terrorisent maintenant depuis près d'une centaine d'années. A la mort de chaque Effigie, ses capacités, ainsi que la somme de ses souvenirs, se transmettent à son héritière choisie au hasard quelque part sur la planète.
    Alors, quand Manhattan subit une attaque sans précédent, Maia n'a d'autre choix que de descendre dans l'arène. Elle qui idolâtre les Effigies, comme autrefois sa sœur jumelle morte dans un incendie, va cependant tomber de haut : les trois jeunes filles ne veulent plus entendre parler les unes des autres. Pourtant le danger se rapproche, car un homme énigmatique, Saul, semble capable à la surprise générale de contrôler les Spectres. Maia se retrouve aspirée dans une spirale infernale, au moment même où le feu qui couve en elle menace de la consumer toute entière!

    The Effigies, tome 1

    Ce tome 1 fait office d'introduction et met en place une intrigue plutôt complexe. Si vous voulez de grandes batailles avec des super pouvoirs lancés dans tous les sens, ce sera sûrement dans le prochain livre... Ici l'accent est mis sur l'entrée de Maia dans le clan des Effigies. On apprend en même temps qu'elle tous les détails qui concernent la Secte (l'organisation qui protège et encadre les Effigies). Le règlement stricte qui la compose n'est étrangement pas d'une très grande utilité car l'ancien clan a éclaté; les trois autres filles sont en froid et deux d'entre elles ont même quitté le pays. J'aime beaucoup cette idée d'une équipe en morceaux aux membres loin d'avoir un comportement exemplaire. On s'attend à tout sauf à cela. L'essentiel du roman porte sur cette volonté de ressouder l'équipe. Cela ne va pas être de tout repos car ces demoiselles ont un caractère bien trempé (les filles sont des chieuses, c'est bien connus)! J'aime beaucoup Belle, la française au caractère glaciale qui maîtrise l'eau et aussi Chae Rin qui a aussi un caractère fort et qui ne fait rien dans la dentelle quand elle manipule la terre. J'ai plus de mal avec Maia, l'héroïne dont on a le point de vue interne : l'orpheline qui a perdu sa jumelle, qui ne contrôle pas son pouvoir, qui est victime des flash-back soudains dans les souvenirs des anciennes Effigies de feu et qui est poursuivie personnellement par le méchant de l'histoire... Le genre de personnage qui a tous les problèmes du monde et qui m'insupporte. Pour revenir sur "le méchant", Saul, il aurait mérité d'être plus menaçant; mais cela viendra peut-être plus tard.
    C'est un roman dans lequel on voyage beaucoup : Canada, Amérique du Sud, France... Une partie de l'histoire se passe à Gisors (petite ville de l'Eure dans laquelle j'ai habité). Cela m'a évidemment fait sourire même si l'auteur la considère faussement comme une banlieue de Paris. Bref, tous ces voyages sont agréables et les descriptions associées donnent une ambiance unique à chaque lieu.
    On a le droit à une scène de fin plutôt prometteuse pour la suite; d'autant plus que tous les mystères n'ont pas été résolus... Au final j'ai l'impression que ce livre a notamment pour ambition de réaliser les rêves de la plupart des jeunes filles : les super pouvoirs, les copines et la célébrité. Cela part parfois dans tous les sens; l'intrigue aurait peut-être mérité plus de simplicité. Malgré plusieurs défauts, j'ai aimé la fragile solidarité du groupe de filles et les doutes qu'elles ont sur la Secte. Je pense qu'il y aura beaucoup de révélations dans les tomes suivants.

     

    Note

    The Effigies, tome 1

    The Effigies, tome 1

         Je tombais dans la nuit, une chute de vingt-trois étages, droit vers une mort certaine.
    Le vent hurlait dans mes oreilles et la pression m'écrasait le crâne. J'agitais désespérément bras et jambes jusqu'à perdre une chaussure, puis les deux. Je ne voyais plus que le ciel nocturne, des briques... et le sourire de Saul qui s'éloignait dans les ténèbres.
         J'allais mourir.
         Je ne pouvais plus respirer. J'allais mourir. Cette pensée, la seule dont j'étais capable, se déchaînait dans ma poitrine, me détruisant de l'intérieur. J'allais mourir ici et maintenant.
         Et, tout d'un coup, mon esprit se vida complètement. Une vague d'énergie jaillit du plus profond de mon être, envahissant tout mon corps, de mes entrailles jusqu'au bout de mes doigts. J'étais dévorée par les flammes, et je sentais certaines d'entre elles prendre forme, refroidir, se forger dans ma main. Je frémis au contact de l'acier dans ma paume. Les flammes se dissipèrent et je découvris que je serrais le manche d'une faux dont la gigantesque lame luisait au clair de lune. Le symbole de la mort.


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  • L'histoire de la Bête

    L'histoire de la Bête

    Auteur : Serena Valentino
    Éditeur : Hachette Romans
    Année de parution : 2017
    Format : broché
    Thèmes : Disney, fantastique
    Nombre de pages : 192

    L'histoire de la Bête

    C'est une histoire vieille comme le monde : celle d'un prince cruel transformé en Bête.
    Et celle d'une belle jeune fille qui surgit dans sa vie. Le monstre est métamorphosé par la compassion de la jeune fille et l'amour qu'il ressent pour elle.
    Puis ils se marient et ont beaucoup d'enfants.

    Mais comme pour chaque histoire, il y a plusieurs versions. Qu'importe ce que l'on a pu dire ou écrire, une question demeure : qu'est-ce qui a changé le prince en la Bête que l'on connaît?

    Voici l'une de ces histoires. Une histoire de bêtes, et, bien sûr, de belles.

    L'histoire de la Bête

    L'histoire de la Reine de Blanche-Neige de la même série m'avait beaucoup plu. C'est un personnage que l'on ne connaît que sous son aspect cruel et jaloux et Serena Valentino justifie ce caractère de façon crédible.
    Concernant la Bête, le travail était, à mon sens, plus difficile car tous les fans de Disney connaissent déjà l'essentiel de son histoire et la raison de sa métamorphose. De plus, ce n'est pas un Méchant. Certaines idées dans le déroulement de l'histoire sont bonnes et originales, mais cependant incohérentes avec le long métrage de Disney : l'amitié du Prince avec quelqu'un qui n'est pas du même rang que lui, le contexte de sa transformation qui en plus est progressive (non immédiate), etc.
    Les anecdotes avec ses deux prétendantes sont intéressantes et montrent parfaitement bien le caractère abject et méprisant qui a valu au Prince d'être puni. C'est ce profil du personnage qui est mis en avant durant la quasi totalité du roman et j'aurais aimé que cela s'équilibre avec une vision plus torturée du personnage. Il y a une énorme ellipse entre la transformation définitive du Prince et le moment où Belle essaie de toucher la rose magique, si bien qu'on ignore si la punition qu'il a subie a changé le héros ou non. Bref, je trouve qu'il y a beaucoup de maladresses dans le schéma narratif et que ce roman ternit complètement l'image de la Bête. De plus, les trois insupportables sœurs sorcières sont trop mises en avant. C'est dommage car l'écriture est agréable et le vocabulaire riche.
    Je me demande si choisir Gaston pour personnage principal n'aurait pas été plus judicieux... Qu'en pensez-vous?

     

    Note

    L'histoire de la Bête

    L'histoire de la Bête

            Ainsi, ils chevauchèrent de longues lieues durant pour atteindre, au bout d'un chemin peu fréquenté, une petite ferme que l'on discernait à peine sous le couvert des arbres.
            Sa belle Circé était là. Dans un enclos, elle nourrissait les cochons. Elle portait une robe grossière dont les pans se noyaient dans la gadoue. Ses cheveux étaient ternes et ses joues rougies par le dur labeur. Elle dut sentir le poids de leurs regards, car elle leva le front vers eux. Quand ses grands yeux croisèrent ceux de son prince, son seau lui glissa des mains. Il la regardait avec tant de dégoût et de mépris qu'elle en fût foudroyée sur place.
            - Viens ici, femme! ordonna-t-il, suintant la suffisance. Est-ce donc ainsi que tu accueilles tes invités?
            Au son de sa voix, elle sembla sortir de sa transe. Elle quitta l'enclos et se dirigea vers eux, qui ne s'étaient même pas donné la peine de descendre de cheval. Elle était si frêle sous leurs regards accusateurs.
            - Bonsoir, mon cher et tendre, dit-elle d'une voix douce. Quel bon vent vous amène?
           - Quel bon vent? Quelle bonne question! répondit-il d'un ton dédaigneux. Pourquoi ne pas m'avoir dit que ton père n'était autre qu'un simple porcher?
            Circé en resta bouche bée. Elle était confuse, désemparée.
            - Qu'entendez-vous par là?
            - Ne joue pas les ingénues avec moi! s'emporta-t-il. Comment as-tu osé me cacher une telle chose? Comment as-tu pu me mentir de la sorte?
            - Mais vous ne m'avez jamais posé la moindre question concernant mes parents! sanglota-t-elle, contrite. Je ne vous ai jamais menti! Qu'est-ce que cela pourrait-il bien changer? Nous nous aimons, et l'amour est plus fort que tout!
            - L'amour? Vraiment? Regarde-toi donc - couverte d'immondices de la tête aux pieds! Comment pourrais-je t'aimer?


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  • Nos cœurs en désaccord

     Nos cœurs en désaccord

    Auteur : Krystal Sutherland
    Éditeur : PKJ
    Année de parution : 2017
    Format : broché
    Genre : romance
    Nombre de pages : 288

    Nos cœurs en désaccord

    Henry Page rêve du grand amour. Jusqu'au jour où il rencontre Grace, qui marche avec une canne et porte des vêtements de garçon trois fois trop grands pour elle. Henry tombe sous le charme de cette drôle de fille. Il a vite fait de comprendre que quelque chose en elle est cassé. Il ne demande qu'à l'aider. Mais Grace a un lourd passé...

    Nos cœurs en désaccord

    En lisant le résumé, on peut s'attendre à tomber sur une histoire d'amour des plus classiques dans la littérature pour adolescents. Mais il n'en est rien...
    Henry est un adolescent lambda : grand, poids normal, notes moyennes, pas de problèmes comportementaux ni de famille à problèmes (ses parents sont même toujours mariés!). Il a deux meilleurs amis : Murray, un fanfaron d'origine australienne et Lola, métisse et lesbienne. Bref, Henry est un ado équilibré et sans histoire. Du moins jusqu'à l'arrivée de Grace.
    Quand il la voit pour la première fois, Henry est loin d'avoir un coup de foudre. Mais la personnalité atypique de la demoiselle va finir par avoir raison de ses réticences. Les sentiments amoureux font vite leur apparition malgré les habitudes bizarres de Grace : elle a une voiture mais ne la conduit pas et ne rentre jamais directement chez elle après les cours. Henry va peu à peu réaliser que son idylle avec Grace sera plus difficile à concrétiser qu'il ne le pensait, et son optimisme et sa détermination seront soumis à rude épreuve.
    Henry est un personnage que j'aime beaucoup. Malgré les soucis que Grace lui cause, il ne lâche pas son objectif des yeux, quitte à délaisser les cours et ses responsabilités. Le récit étant en point de vue interne, on se pose les mêmes questions que lui face aux agissements de Grace et le mystère qui entoure la "belle" nous obsède autant que lui. J'aime énormément la relation qu'il entretient avec ses parents; il y a une énorme complicité entre eux et ils se taquinent beaucoup. Malgré le fait que Grace souffle constamment le chaud et le froid, je n'arrive pas à la détester. Quand on découvre la vérité sur son passé, son comportement instable est justifié. Réagirait-on autrement si on était à sa place? J'adore également Lola, la meilleure amie; elle est toujours là pour mettre un bon coup de pied aux fesses de ses acolytes masculins quand ils se lamentent ou sont sur le point de faire n'importe quoi par amour.
    Ce qui fait l'originalité de ce roman, c'est sa morale. Quel que soit les désillusions et les déceptions auxquelles on doit faire face, la vie continue; toute expérience est bonne à prendre, il ne faut rien regretter. La détresse de Henry augmente en même temps que ses sentiments mais il y a toujours quelque chose ou quelqu'un pour détourner son attention et lui remonter le moral.
    En revanche, je n'ai pas complètement adhéré au style d'écriture. Il foisonne de références culturelles dont la plupart me dont inconnues (sûrement car ce sont des références américaines) ce qui a créé de la frustration.
    Mais dans sa globalité, c'est un très bon roman intelligent et mature. Les déboires sentiments de Henry ne laisseront pas grand monde indifférent.

     

    Note

    Nos cœurs en désaccord

    Nos cœurs en désaccord

         L'amour n'a pas besoin de durer toute une vie pour exister. Tu ne peux pas juger de la qualité d'un amour par sa durée. Tout meurt, l'amour aussi. Parfois, il meurt avec la personne, parfois il meurt tout seul. La plus belle histoire d'amour du monde, ce n'est pas forcément deux personnes qui passent toute leur vie ensemble. Ça peut être un amour de deux semaines, deux mois, deux ans, mais dont la flamme était plus brillante, plus chaude que n'importe quel autre amour, avant ou après. Ne pleure pas un amour raté : ça n'existe pas.


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