• Passé simple

     

    Auteur : Olivier Descosse
    Éditeur : Pygmalion
    Année de parution : 2017
    Format : broché
    Genre/thématiques : séparation, reconstruction
    Nombre de pages : 275

                        "Je lis.
                        Mon cerveau n'imprime rien.
                        Je te quitte.
                        C'est tout ce que je comprends."

     

    Après la culpabilité, le vide abyssal de la séparation.
    Comment se reconstruire? Comment tourner la page quand s'entremêlent douleur, colère et espoir de la voir revenir?
    Pour envisager un avenir, Vincent devra creuser son passé. La vérité s'y cache, enfouis sous les décombres de ses dénis.

    Merci à Babelio et aux éditions Pygmalion pour m'avoir envoyé cet ouvrage dans le cadre de la Masse Critique.

    Vincent est un psychothérapeute de quarante ans qui vient d'être quitté brutalement par la femme qui partageait sa vie depuis plus de deux ans : Marianne. En parallèle des conséquences de cette rupture, le narrateur nous raconte également sa rupture précédente : c'était avec Virginie, la mère de sa fille. Les deux femmes sont différentes, les sentiments sont différents, la police d'écriture est différente. Ces deux événements de la vie de Vincent n'ont clairement rien à voir. On n'est jamais perdu dans ces sauts dans le temps répétitifs car la narration est claire et maîtrisée. Vincent ne les aborde pas du tout de la même façon.
    La peine de Vincent suite au départ de Marianne ne fait aucun doute. On réalise grâce aux flash-back que le début de leur idylle a été aussi rapide que passionnel. En tant que psychothérapeute, Vincent tient absolument à mettre des mots sur sa douleur; il cherche où il a fauté, pourquoi cette rupture le mine tant et comment se relever.

    Ce que j'ai aimé dans cette lecture, c'est qu'il prouve que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés : ce n'est pas parce qu'on est un professionnel de la psychologie qu'on échappe aux émotions négatives et qu'on comprend tout ce qu'il se passe dans notre vie. Avec Virginie, c'était lui le dominant du couple : il n'avait aucun sentiment pour elle. Dans sa relation avec Marianne, c'est clairement elle qui mène la danse. Ce qui est paradoxal, c'est qu'on ne sent pas non plus de sentiment amoureux naître entre eux deux; de la passion oui, mais en aucun cas de l'amour. Ils se jettent tellement vite dans les bras l'un de l'autre que c'est à se demander si ce n'est pas un moyen pour chacun d'échapper à une certaine solitude. Et maintenant, Vincent est de nouveau seul...
    J'aime beaucoup Léa, la fille de Vincent, qui n'est pas aussi naïve et innocente que le croit son père. Marianne, au contraire, me répugne. Il m'est arrivé d'avoir des frissons en lisant des passages sur elle et ses attitudes.
    Concernant l'écriture, j'ai été gênée par les nombreuses phrases nominales courtes qui donne un côté trop saccadé au texte. L'écriture aurait pu être plus fluide.
    Malgré le sujet de la rupture qui est au centre du livre, je trouve que c'est un roman très positif car Vincent assume sa tristesse et cherche immédiatement à s'en sortir. Il est très lucide sur son état mélancolique. C'est un roman qui fait du bien et qui prouve qu'on peut toujours se relever.

     

    Note

          La bête a repris possession de mon corps.
           Elle me cloue au lit.
           J'ai dû demander à ma secrétaire d'annuler mes rendez-vous. Mes patients attendront. Ils rament depuis des mois sur leurs problématiques, une séance en plus ou en moins ne changera pas la donne.
           Je regarde le plafond depuis vingt minutes. Plus de sève, plus de jus, plus d'envie. Cette fois, j'y suis. Je vais de plus en plus mal et le temps n'arrange rien.
           Deux mois que Marianne m'a planté.
           Pas un coup de fil, pas une lettre.
           Rien.
          Je ne l'ai pas relancée non plus. Je m'imagine mal me traîner à ses pieds, la supplier de revenir. Si elle me reprenait par pitié, ça nous mènerait où?
           Il va pourtant falloir que je réagisse. Je connais les signaux d'alarme de la dépression. Je les ai tous. Plus d'appétit, plus de désir, une fatigue constante et un ennui insondable.
           Pour ce qui est de l'ennui, je suis déjà prédisposé. Il me poursuit depuis l'enfance. Toute ma jeunesse, j'ai essayé de le combattre. En vain. Le monde me surprend très rarement et m'enthousiasme encore moins. D'après le pédopsy qui m'avait évalué à l'époque, je suis un surdoué contrarié.
           En clair, un branleur avec des facilités et une grosse lucidité sur les gens et les choses.


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  • Pardon

     

    Pardon

    Auteur : Erika Boyer
    Editeur : Lulu.com
    Année de parution : 2017
    Genre : romance
    Format : ebook
    Nombre de pages (en édition papier) : 242

    Pardon

    Tandis que le monde évolue et que la jeunesse fait preuve d'une plus grande ouverture d'esprit qu'avant, il reste tout de même des sujets dont il ne faut pas parler, des tabous qui ne sont pas prêts à être brisés. Mais quand l'inceste cache un amour inconditionnel, que deux âmes ont simplement eu la malchance de ne pas naître dans les bons corps, n'est-il pas envisageable d'accepter l'inacceptable?

    Will ne prendra pas le risque, il préférera partir à 600 km de sa sœur plutôt que de potentiellement l'entraîner dans sa déchéance. Reste à savoir si "loin des yeux, loin du cœur" est une réalité ou bien un proverbe menteur, et si Sarah acceptera de perdre son frère dans ce sacrifice amoureux.

    "Je ne veux pas tourner la page. J'aime ce livre dont nous sommes les héros."

    Pardon

    Hormis sa sublime couverture, ce livre m'a intriguée pour son sujet atypique.

    Nous suivons Will (en point de vue interne), un jeune bachelier qui a d'ors et déjà choisi de commencer une licence de lettres modernes loin de sa Bretagne natale : à Bordeaux. Pourquoi si loin? Parce qu'il n'arrive plus à renier les sentiments amoureux qu'il éprouve pour sa cadette, Sarah; peut-être que la distance géographique guérira ses pensées "malsaines" (selon ses dires). Il se sent sale, honteux, immoral... un mal-être qui le poursuivra en permanence et qui est parfaitement bien retranscrit par l'auteure.

    Dans cette ville où il recommence tout, Will va faire de nouvelles rencontres dont la famille accueillante de son propriétaire, David, un ami loyal, et Kelia, une fille qu'il ne laisse pas indifférente. Mais malgré une vie sociale remplie, quand il se retrouve seul chez lui le soir, ses pensées vont irrémédiablement vers Sarah. Il évite ses appels, il se trouve des excuses pour ne pas rentrer chez lui pendant ses vacances; il a conscience qu'il blesse sa famille, mais Will ne veut pas être confronté à cette attirance impure et prendre le risque d'y mêler sa sœur.

    La première partie du roman traite de ce combat intérieur, de cette lutte que mène quotidiennement Will contre son amour caché, contre le regard des autres (hors de questions qu'ils soupçonnent quelque chose!). Néanmoins, on sent que sans Sarah, Will ne vit pas vraiment. Elle est à la fois le poison et l'antidote. C'est vraiment très bien écrit, on compatit sincèrement à la détresse de Will, même si on ne peut cacher l'envie qu'une confrontation avec Sarah ait lieu; ce qui va arriver, bien évidemment.

    Les personnages de ce roman sont (presque) tous très attachants. J'aime beaucoup les scènes entre David et Will; ce sont deux garçons sensibles qui n'ont pas honte de pleurer et d'avoir des faiblesses. J'apprécie énormément Kelia. C'est une fille qui voudrait être forte et qui prend beaucoup sur elle; je pense qu'elle me ressemble un peu^^ La famille d'Achir, le propriétaire, est elle aussi adorable. On adorerait s'inviter à leurs repas conviviaux! J'ai un peu moins d'affection pour le personnage de Sarah dont je n'ai pas réussi à cerner complètement la personnalité. En revanche, Will est un héros abouti comme on en voit peu. On n'a qu'une envie : le prendre dans ses bras pour le rassurer.

    Concernant l'histoire, le récit est très fluide. On ne s'ennuie jamais. C'est agréable de se balader avec les personnages : la librairie Mollat, Angoulême et son festival, etc. J'ai trouvé la fin à la fois juste et cruelle. Bien sûr, tout le monde ne peut pas réagir de façon positive face à l'évocation de l'inceste... J'ai aimé que l'auteure ne développe pas trop les réactions de chacun et ne fasse pas de la fin quelque chose de dramatique. De manière générale, j'ai énormément apprécié que l'histoire ne foisonne pas de péripéties diverses qui n'apportent rien à l'intrigue. Ce roman parle de l'amour incestueux de Will; rien d'autre, et c'est très bien. Dernier point sympathique : l'illustration de couverture n'est pas là que pour faire joli : elle a un rapport avec l'histoire. Lequel? Vous ne le saurez qu'en lisant ce livre...

    "Pardon" est une jolie romance sur un sujet sensible. C'est un excellent premier roman avec des personnages forts, une plume agréable et un bel appel à la tolérance. J'ai hâte de lire les prochains écrits d'Erika Boyer!

     

    Note

    Pardon

    Pardon

    - Tu crois au grand amour? me demanda-t-elle le regard rivé sur sa boisson.
           Est-ce que je croyais qu'on puisse aimer comme un fou, à en mourir, une seule personne jusqu'à la fin de notre vie? Oui, j'en étais même convaincu. Est-ce que cela résultait forcément sur du bonheur et une vie heureuse? Non, en aucun cas.
    - Qu'est-ce que tu entends par là exactement?
    - Qu'on puisse aimer follement une personne, qu'elle soit la bonne, celle sans qui notre vie n'aurait plus aucun sens. Ressentir ce désir de la posséder sans quoi on a l'impression de suffoquer... Ce genre-là.
    - Ouais, j'y crois.
           Comment aurait-ce pu être autrement alors que j'étais victime de ce grand amour? Parce que non, l'amour n'était pas forcément un don ou une joie. Dans mon cas, c'était une malédiction, une punition que je ne pensais pas avoir méritée.


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  • The air he breathes

     

    The air he breathes

    Auteur : Brittainy C.Cherry
    Editeur : Hugo Roman
    Collection : New Romance
    Année de parution : 2016
    Genre : romance
    Format : ebook
    Nombre de page (en édition papier) : 360

    The air he breathes

    Tristan et Elizabeth sont voisins, ils n'ont rien en commun à part leur passé douloureux. Elle a choisi de continuer à vivre ne serait-ce que pour sa petite fille Emma. Il a choisi de s'extraire du monde. Mais Elizabeth ne l'entend pas de cette façon. Elle sait qu'ils sont tous les deux en miettes et qu'ensemble ils seront plus forts pour affronter leurs fantômes.
    C'est sans compter avec toutes les embûches que les habitants de leur petite ville vont mettre sur leur route.
    Ensemble, ils sauront vaincre les idées reçues.

    The air he breathes

    J'ai immédiatement apprécié le fait que les deux personnages principaux ne soient pas des stéréotypes de la littérature romantique/érotique : pas de patron riche à millions, pas de femme indépendante croqueuse d'hommes, pas de jeune vierge effarouchée, pas de mauvais garçon tatoué et insolent... Tristan et Elizabeth sont deux jeunes gens "banals" dans lesquels on peut s'identifier. Par contre, comme tout personnage de new romance qui se respecte, ils arrivent à être propriétaires d'une maison, d'une voiture sans véritablement travailler (Elizabeth vient de trouver un job de serveuse mais on ne la voit jamais travailler et Tristan est employé dans une boutique où il n'y a jamais de clients). C'est fabuleux!

    Ils sont donc voisins dans une toute petite ville où tout le monde se connaît. Elizabeth s'était enfuie chez sa mère pour faire son deuil, et à son retour elle retrouve les habitants, sa meilleure ami nymphomane et sans pudeur (le summum du cliché) et le meilleur ami de son mari. Dans cette ville, les rumeurs vont bon train et on comprend au fur et à mesure de l'histoire qu'avoir une vie privée dans un endroit pareil est complètement impossible. Le côté malsain de ce voyeurisme est très bien décrit.

    Les deux futurs amants vont donc se rencontrer, s'apprivoiser, se rejeter et finalement se rapprocher jusqu'à avoir une relation qui, au départ, ne fait office que de pansement. L'auteur exprime bien les sentiments des personnages : l'un et l'autre ont besoin de réconfort; ils ne se projettent pas dans quelque chose de nouveau. Le début de cette relation est agréable à découvrir. Tout est vécu de façon si intense par les deux amants. Forcément, les sentiments finissent par naître et chamboulent tout; ceci accentué par la désapprobation des habitants de la ville concernant ce rapprochement : Tristan n'est pas un homme bien; cet avis général ne sera cependant jamais justifié. Je n'en dirai pas plus sur la suite pour ne pas spoiler. Je trouve juste que le chamboulement de fin est de trop (d'autant qu'on le voit venir de loin) et qu'il y a un peu trop de moments dramatiques et larmoyants. Beaucoup de choses sont destinées à nuire à la relation de Tristan et Elizabeth, mais le deuil seul aurait pu suffire. Le reste est de trop et tombe encore une fois dans le cliché. En revanche, le roman foisonne de références littéraires et culturelles qui nous rapprochent un peu plus des personnages et qui nous arrachent quelques sourires.

    Dans l'ensemble, un roman sympathique. Même si le scénario ne sort pas des sentiers battus, les deux personnages principaux sont touchants et agréables à suivre.

     

    Note

    The air he breathes

    The air he breathes

              Il se pencha au-dessus de l'eau et se mit à se laver le visage en frottant des doigts sa barbe hirsute. Je parcourus des yeux son torse bronzé couvert de poils et il éclaboussa son corps pour se laver. Des tatouages couvraient son bras gauche et ses pectoraux. Incapable de détourner le regard, je les examinai. Il y en avait plus que je ne pouvais compter, mais j'essayai de regarder chacun d'entre eux. Je connais ces tatouages. Ils étaient tous tirés de classiques de la littérature enfantine. Aslan de Narnia. Un monstre de Max et les Maximonstres. Le wagon des Enfants du wagon. Sur sa poitrine était tatouée la citation "Nous sommes tous fous ici" extraite d'Alice au Pays des Merveilles.


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  • Presque ensemble

    Presque ensemble

    Auteur : Marjorie Philibert
    Editeur : JC Lattès
    Format : ebook
    Année de parution : 2017
    Genre : romance, parcours de vie
    Nombre de pages : 376

    Presque ensemble

    Nicolas et Victoire tombent amoureux. Après l’insouciance des études, vient le premier appartement, le premier salaire, le premier lave-linge. Mais cette vie si satisfaisante, peu à peu, ne remplit pas ses promesses. Rien n’arrive et rien ne leur arrive. Ils n’ont pas envie de changer le monde, ils n’ont pas les idéaux et les paradis artificiels de leurs parents. Leur rendez-vous avec l’histoire, ils le vivront à travers la télévision avec l’arrivée de Loft Story.
    Ils sont surdiplômés, sous-employés et ils étouffent. L’érosion des sentiments, le poids des habitudes les submergent. Dans les couloirs du métro ils rêvent de campagne, de voyages, de liberté. Ils voudraient toucher du doigt quelque chose de plus grand qu’eux ou simplement le sentiment d’exister. L’arrivée de Ptolémée, le chat, leur donne un temps seulement, un sentiment de plénitude.

    Presque ensemble

    L'histoire commence le soir du 12 juillet 1998. Le soir où l'équipe de France de football a remporté la coupe du monde. Nicolas et Victoire se rencontrent et passent la nuit ensemble. L'un et l'autre n'ont aucune attente sentimentale et pourtant ils vont rester ensemble la nuit suivante, et encore celle d'après... Malgré la difficulté des études, ils décident de s'installer dans un petit appartement où la routine s'installe peu à peu. Ils vivent ensemble l'épisode caniculaire de 2003, la toute première diffusion de Loft Story, etc. Le passage à la vie active ne va pas arranger leurs soucis financiers. Pourtant, Victoire écrit des critiques sur des hôtels de luxe et Nicolas travaille pour un magazine qui fait des statistiques sociales.
    Ce n'est pas le boulot de leur rêve, ce n'est pas ce qu'ils attendaient de la vie.
    Les événements ont-ils un sens? La vie elle-même a-t-elle un sens?
    Adopter un chat ne rapproche pas les amoureux, tromper l'autre ne les soulage pas de leurs frustrations, les petits défauts de l'un exaspère l'autre... Jusqu'à l'issu fatale.

    Ce que j'ai apprécié dans cette histoire d'amour, c'est qu'elle s'inscrit dans un contexte socio-culturel précis qui va avoir un impact sur les deux amants. Ce n'est pas juste une histoire où les personnages sont recentrés sur eux-mêmes; les problèmes qui vont les toucher viennent aussi de l'extérieur. En cela, je trouve ce roman d'une cruelle réalité.

    On a tous rêvé jeune de changer le monde, de faire de grandes choses, d'être libres... Nicolas et Victoire sont comme nous et sont anéantis par les désillusions de "la vie réelle".

    J'ai tellement aimé l'histoire de leur relation qu'on suit du début jusqu'à la fin que ce qu'il se passe après la rupture m'a moins intéressée. Je trouve en plus que le point final tombe alors que le roman n'est pas totalement terminé. Il lui manque quelque chose; peut-être une issue qui donne à réfléchir.

    Concernant le style d'écriture, je l'ai trouvé agréable, sophistiqué. Bien que le fait de développer dans un chapitre entier un événement simple soit parfois un peu lourd, je dois reconnaître que l'auteur a une très bonne maîtrise de la langue française.

    C'est un roman, certes peu joyeux, mais que je recommande chaudement à ceux qui veulent lire une fiction dotée d'une certaine crédibilité. Je me suis sentie très proche des personnages et de leurs questionnements perpétuels.

     

    Note : 

    Presque ensemble

    Presque ensemble

             Selon lui, elle était méchante, injuste à son égard, toujours insatisfaite, comme sa mère; et cela même alors qu'elle était molle et velléitaire; qu'elle se traînait dans la vie, sans ambitions ni moyens de les réaliser. Elle avait été un frein à bien des choses qu'il aurait voulu faire; elle ne pouvait s’empêcher de donner des leçons alors qu'elle ne savait faire qu'une chose, se laisser aller; d'ailleurs elle avait grossi.
             Elle suffoqua. Il était seul responsable de l'existence qu'ils menaient, terne et triste; il ne la faisait plus rire depuis longtemps; elle ne faisait plus l'amour avec lui que pour lui faire plaisir; d'ailleurs ils ne le faisaient plus, et ça ne lui manquait pas. Au fond, il ne l'avait jamais fait rêver : elle avait cru qu'il était un type qui avait de l'envergure, de ceux qui vous propulsent dans la vie mais aujourd'hui, elle devait bien le reconnaître, elle s'était trompée.

    Presque ensemble

    Merci à NetGalley et aux éditions JC Lattès pour ce service de presse.


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  • Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière 

    Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière

    Auteur : M.C Beaton
    Editeur : Albin Michel
    Format : ebook
    Année de parution : 2016
    Genre : policier, humour
    Nombre de pages (en edition papier) : 245

    Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière

    De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d'une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu'amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s'annonce déjà comme son triomphe. Mais une Agatha Raisin ne s'incline pas avant d'avoir combattu (quitte à se livrer à l'une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) ! C'est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs. De toute évidence, Agatha n'était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale…

    Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière

     Phénomène littéraire de cette fin d'année, la série des Agatha Raisin pourrait être qualifiée de polar "soft", accessible à ceux qui ne sont pas forcément adepte de romans noirs (ce qui est mon cas). Pas de pot pour la jardinière est un tome 3 mais peu se lire indépendamment des histoires précédentes.

    Au début de ce roman, nous retrouvons l'héroïne, Mrs Raisin, de retour dans son petit village anglais de Carsely après une longue absence. Comme n'importe quelle petite commune, tout le monde se connaît; Agatha fait d'ailleurs figure d'étrangère car elle n'y vit pas depuis aussi longtemps que les autres. Quinquagénaire avec un peu d'embonpoint et des manières pas toujours très distinguées, elle est souvent montrée du doigt pour ses excentricités; néanmoins, les gens reconnaissent son efficacité dans les précédentes enquêtes.
    Parmi les gens qu'Agatha retrouve, il y a son voisin, James Lacey, pour lequel elle éprouve des sentiments depuis un long moment. Cependant, elle n'essuie que des échecs. Alors qu'elle découvre qu'une nouvelle habitante, Mary Fortune, tourne autour de James, elle est gagnée par une furieuse jalousie et s'apprête à démarrer les hostilités.
    J'avoue m'être un peu ennuyée durant cette première partie. Avec tous ces cancans et ces bassesses pour gagner le cœur d'un homme qui ne montre aucun penchant pour l'une ou l'autre, j'avais l'impression de me retrouver dans une adaptation de "Desperate Housewives" en Angleterre. Le triangle amoureux façon vaudeville ne tient pas la route car James est un personnage complètement creux et je ne m'explique pas l'attachement des deux femmes pour lui. De manière générale, je n'ai pas été très réceptive à l'humour de ce roman.
    Agatha Raisin n'a rien de l'enquêtrice irréprochable. Elle est même prête à tricher au concours de jardinage pour évincer sa concurrente et impressionner James. Malgré sa perspicacité (que l'on découvrira par la suite), c'est une héroïne peu amicale que j'ai eu du mal à apprécier.
    L'histoire commence à être plus intéressante quand on découvre le corps sans vie de Mary Fortune (dans une position complètement grotesque qui m'a fait sourire). L'enquête commence enfin! Les accusations fusent : "c'est forcément quelqu'un d'étranger", "ça ne peut venir que de l'intérieur du village"... Au fur et à mesure des auditions, Agatha et James vont découvrir une facette de Mary qu'ils ne soupçonnaient pas et réalisent que, contrairement à ce qu'il y paraît, la bonne entente n'est pas reine à Carsely.
    L'enquête continue. A côté, Agatha ne perd pas son objectif d'en mettre plein la vue à James l'indifférent. C'est au cours d'un événement anodin qu'ils découvrent l'indice majeur qui va désigner le coupable. Concernant le mobile du meurtre, je suis très déçue. J'aurais souhaité quelque chose d'un peu plus recherché.

    Je suis passée totalement à côté de ce roman. Je n'y ai pas retrouvé l'humour cinglant que j'espérais et je n'ai ressenti aucun attachement pour les personnages. Je dois néanmoins reconnaître que l'auteur a parfaitement décrit le voyeurisme et les petits secrets malsains qui circulent dans les hameaux perdus. Personne ne peut avoir de vie privée dans un décor pareil; du moins, en apparence...

     

    Note

    Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière

    Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière

            La nouvelle venue portait une robe courte en jersey blanc agrémentée de bijoux en or. C'était la première fois qu'Agatha la voyait porter autre chose que du vert. La robe, très courte, moulait sa silhouette parfaite et dévoilait ses longues jambes, mises en valeur par des bas brun clair, qui se terminaient par des sandales à lanières à talons hauts. Sa chevelure dorée resplendissait dans la lumière. Ses yeux étaient très grands et très bleus. Elle n'avait jamais paru plus magnifique : son entrée fut accueillie par un brusque silence appréciateur. James s'était tu, lui aussi, et contemplait Mary avec une admiration non dissimulée. Oh! une jalousie aussi aigre que la bile submergea Agatha. Elle se sentait vieille et moche.

             James retrouva la parole. "Mary, dit-il avec chaleur, qu'est-ce que tu prends?
    - Un Campari soda, chéri", répondit Mary.
            Puis elle posa une main possessive sur son bras et lui adressa un sourire suggérant une telle intimité qu'Agatha eut envie de la frapper.

     

     → En lecture commune avec Pause Polars ←


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