• Kasane, tome 8

     

    Scénario / Dessin : Daruma Matsuura
    Éditeur : Kioon
    Année de parution : 2017
    Genre : seinen
    Nombre de pages : 188 pages

    Grâce au marché passé avec Nogiku, une nouvelle étoile voit le jour, Saki... Très rapidement, la comédienne commence à se faire un nom et se voit proposer un rôle d'envergure : celui de lady Macbeth, qui est aussi le dernier personnage incarné par Sukeyo. Cette troublante coïncidence inquiète Kingo Habuta, d'autant que c'est Nobuhiko Uno, l'ancien amant de Kasane, qui interprétera Macbeth!
    Mais ce n'est pas la seule menace qui pèse sur la jeune actrice, car Nogiku est désormais entièrement concentrée sur sa vengeance...

     

    Découvrez un conte cruel et vénéneux, dans lequel la puissance évocatrice du trait de Daruma Matsuura fait merveille ! Nominé en 2015 pour les prestigieux Taisho Awards, ainsi que pour le prix du manga Kodansha, Kasane – La Voleuse de visage ensorcelle et tient en haleine les lecteurs japonais depuis le début de sa publication.

    Malgré les nombreux risques que présentent son association avec Nogiku et ce qu'on lui demande dans son nouveau rôle d'actrice, Kasane semble plus que jamais dans son élément et rien en peut l'atteindre. Travailler avec son ancien amant qui ne connaît rien de son histoire et de son mensonge ne la perturbe qu'un temps; même chose pour les conseils de Habuta qui pense que le rôle de lady Macbeth a plongé la mère de Kasane dans une folie telle qu'elle la conduit à sa perte. Kasane relève tous les défis et rien ne semble pouvoir entacher son bien-être.
    On passe totalement à côté de la première partie du manga si on n'a pas lu Macbeth récemment (ce qui est mon cas). La complexité du rôle de lady Macbeth et les efforts demandés à Kasane nous échappe totalement. Il est intéressant de voir que, quand Hobuta la prévient que le rôle pourrait lui être fatale comme pour Sukeyo, Kasane a presque du mépris pour sa mère; elle est certaine qu'elle n'aura pas la même déchéance. La jeune fille craintive du début de la série n'est plus; Kasane a beaucoup gagné en assurance.
    Il en est de même pour Nogiku. Elle a gagné l'entière confiance de sa demi-sœur : elle est donc prête à agir. Pour preuve : elle donne enfin le détail de son plan d'action et, en effet, elle va frapper là où ça fait mal. Si elle arrive à ses fins, Kasane ne pourra pas se relever...
    Les regards des personnages, leurs expressions font froid dans le dos! La fin de ce tome monte tellement en intensité que j'ai presque cru que le prochain serait le dernier de la série... mais non. Que va-t-il donc se passer? Le plan de Nogiku va-t-il échouer? Kasane aura-t-elle le moyen de se défendre? Ou l'envie elle aussi de se venger? Rien ne semble joué d'avance et je pense que Daruma Matsuura nous prépare encore de grosses surprises.

     

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  • Starve

     

    Scénario : Brian Wood
    Dessin : Danijel Zelzelj
    Couleurs : Dave Stewart
    Éditeur : Urban Comics
    Collection : Indies
    Année de parution : 2017
    Genre : comics indépendant
    Nombre de pages : 256 (one shot)

    Dans un monde où les inégalités ont achevé de fracturer la société en deux, puissants comme laissés-pour-compte se réunissent autour d'un programme de télé-réalité culinaire, Starve, créé par le célèbre chef Gavin Cruikshank et mettant en scène une série de défis tous plus obscènes les uns que les autres. En exil choisi depuis plusieurs années, le chef Gavin décide de revenir mettre de l'ordre dans son émission en enseignant à l'élite une leçon qu'elle n'est pas prête d'oublier.

    J'ai failli être rebutée par le dessin aux traits épais et anguleux et au noir omniprésent; mais en entamant le récit, on constate que ce style est parfaitement adapté au scénario sombre et à l'ambiance glauque de la BD.
    Gavin Cruikshank, la cinquantaine, est un ancien chef culinaire mondialement connu dont la réputation de débauché n'est plus à faire. Un soir, dans un bar miteux d'Asie du Sud-Est, un employé de la chaîne pour laquelle il travaillait avant de s'exiler vient à sa rencontre et lui annonce qu'un contrat le lie toujours à son ancienne émission phare, Starve, et qu'il a pour obligation de participer à une nouvelle saison. De retour aux Etats-Unis, Gavin devra de nouveau faire face aux inégalités sociales, aux lois cruelles de la compétition, et à son ex-femme et sa fille qu'il a abandonnées.
    L'ambiance qui se dégage de cette histoire est sombre, malsaine et violente. Les organisateurs de Starve n'ont plus ni morale ni conscience et la violence de leurs défis n'a aucune limite : tuer et dépecer un animal devant les caméras, cuisiner du chien, tabasser toute une brigade des bas quartiers pour prendre possession de leur cuisine, etc. Gavin relève tous ces défis haut la main et le public en redemande toujours plus. Le chef n'est nullement déstabilisé par toutes ces immondices; cependant, il veut se racheter une conduite auprès de sa fille qui est revenue spontanément vers lui. Elle représente l'espoir et la lumière au milieu de ce monde en perdition. Gavin va donc innover, désobéir, frapper des visages... mais cette fois pour la bonne cause.
    Ce récit d'anticipation fait froid dans le dos! Brian Wood a composé un scénario brillant et solide aux personnages en pierre brute. En dépit de tous ses défauts et ses erreurs passées, j'adore Gavin! Une fois ouvert, impossible de lâcher ce comics. Jetez-vous dessus! Vous ne verrez plus les émissions culinaires de la même façon...

     

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  • Les 7 Princes et le labyrinthe millénaire, T.01

     

    Scénario : Yu Aikawa
    Dessin : Haruno Atori
    Éditeur : Doki Doki
    Année de parution : 2017
    Genre : seinen
    Nombre de pages : 192

    Un beau jour, une poignée de jeunes gens triés sur le volet se retrouvent enfermés dans un château et sont invités à choisir parmi eux le prochain empereur, une tradition en place depuis 400 ans dans cet empire.
    Mais ce qui semblait n'être qu'un processus classique de nomination du souverain dégénère très vite en sanglante machination ourdie par une main invisible.
    Nos valeureux prétendants au trône pourront-ils sortir vivants de ce château maudit?

    J'ai été de suite intriguée par le résumé de ce manga.
    Yuan semble faire office de personnage principal. Il se réveille dans ce château sans savoir comment il s'y retrouvé et va, durant son parcours pour trouver une issue, rencontrer six autres personnages qui semblent aussi perdus que lui... du moins en apparence. Si le caractère innocent de Yuan ne fait aucun doute, celui des autres personnages ne demandent qu'à être révélé au-delà de leur gentillesse apparente.
    Ce tome "de présentation" m'a convaincue. Sans rentrer pas dans les détails, on sent que chacun a sa propre personnalité. On peut d'ors et déjà choisir son préféré. Pour ma part j'adore Lawrence et je me me méfie de Messiah et de Zan. Le décor et l'ambiance générale sont très intimidants. Non contents de devoir survivre aux autres, les héros devront déjouer les pièges mortels du château. Le tout est tellement angoissant que les infimes moments d'humour font mouche! Les dessins sont dynamiques, les personnages très expressifs et les jeux d'ombre et de lumière réussis.
    On referme ce manga en se posant beaucoup de questions dont les réponses se feront cruellement attendre. C'est vraiment prometteur pour la suite.
    Série en 4 tomes.

     

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  • Emma et Capucine, tome 1

    Emma et Capucine, tome 1

    Scénario : Jérôme Hamon
    Dessin : Lena Sayaphoum
    Editeur : Dargaud
    Année de parution : 2017
    Genre : BD tout public
    Nombre de pages : 48

    Emma et Capucine, tome 1

    Emma et Capucine sont sœurs et partagent un rêve : entrer ensemble dans la prestigieuse école de danse de l'Opéra de Paris pour devenir danseuses étoiles. Capucine passent les premières auditions avec succès. Pas Emma... et le monde de la jeune fille s'écroule. Mais sa vocation n'est-elle pas ailleurs? Si son père l'encourage à chercher sa propre voie, sa mère n'envisage pas qu'elle puisse renoncer à la danse. Quant à Capucine, l'idée même d'évoluer sans sa sœur lui paraît un défi insurmontable. Néanmoins, Emma découvre de nouveaux horizons et de nouvelles sensations grâce au hip-hop...

    Emma et Capucine, tome 1

    Le thème de la danse n'est pas inédit dans la bande dessinée; cependant, il est abordé ici d'une façon singulière qui m'a beaucoup  plu.
    Emma et Capucine sont à une période charnière de leur vie : celui des choix déterminants pour une potentielle future carrière. Malheureusement, l'échec d'Emma aux auditions d'entrée à l'Opéra de Paris remet tous leurs projets en question. Surtout pour Emma elle-même. Non seulement elle doit réussir à dépasser le sentiment d'échec qui la ronge, mais elle doit également faire face à une mère dure et inflexible, artiste "ratée" qui reporte ses vieux rêves de gloire et de succès sur ses deux filles. Emma ne supportant plus cette pression constante, ses rapports avec sa mère sont souvent houleux. Heureusement que le père de famille, plus détaché, est là pour ramener un peu de calme et de sérénité. Les relations entre tous ces personnages sont très bien retranscrites. On sent qu'Emma est presque soulagée d'avoir échouer pour ne plus avoir sa mère sur le dos. De son côté, cette femme semble triste de ne pas réussir à avoir des rapports plus complices avec son aînée.
    Cette BD ne traite pas que de la danse mais explore aussi les grands sujets de l'adolescence : rapports familiaux compliqués, pression ressentie dans le parcours scolaire, premières attirances amoureuses, etc. Je trouve que tous ces thèmes sont développés de façon juste sans naïveté ni mélodrame. Emma est un personnage que j'ai vite apprécié et j'adore le lien qu'elle entretient avec son père.
    Les illustrations sont aussi très appréciables. Le graphisme est original, les traits des personnages sont doux, les jeux d'ombre et de lumière maîtrisés... Mais surtout, l'illustrateur a su exploiter les différents plans des vignettes en utilisant le flou pour créer un effet de profondeur. C'est brillant et le résultat est top!

    En résumé, c'est une excellente BD, traitée avec maturité, que je conseillerais plutôt à un public adolescent. J'espère que le personnage de Capucine, plutôt discret dans ce tome, sera plus mis en avant dans le prochain.

     

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    Emma et Capucine, tome 1

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  • Irena, tome 2 : "Les justes"

     Irena, tome 2 : "Les justes"

    Scénario : Jean-David Morvan / Séverine Tréfouël
    Dessin : David Evrard
    Éditeur : Glénat
    Année de parution : 2017
    Genre : BD tout public, historique
    Nombre de pages : 67

    Irena, tome 2 : "Les justes"

    Irena Sendlerowa a réellement existé. Membre du centre citoyen d'aide sociale pendant la seconde guerre mondiale, elle s'engagea dans la résistance et sauva 2500 enfants de l'enfer du ghetto de Varsovie. Voici l'histoire de cette femme exceptionnelle.

    Irena, tome 2 : "Les justes"

    A la fin du tome 1, nous laissions Irena résolue à passer à l'action pour suivre les traces de son père. Dans ce tome 2, elle s'entoure d'un grand réseau de personnes volontaires pour l'aider. Hommes, femmes, maçons, concierges, juristes, nourrices... Ces gens ont tous des profils différents mais la même détermination.
    Cet album est un peu plus complexe que le premier dans la mesure où on est plongé au cœur de l'organisation secrète menée par Irena. Tout doit aller très vite si les membres ne veulent pas être pris et le réseau démantelé. Comme il est affiché dans toute la ville, "Peine de mort! pour quiconque assistera des juifs qui sortent du quartier résidentiel juif sans autorisation / Peine de mort! pour quiconque cachera, nourrira ou aidera des juifs." Les enfants qu'ils tentent de sauver sont de tous âges; certains sont vraiment très jeunes et les moyens utilisés pour les faire taire le temps de passer la frontière sont très risqués voire dangereux. C'est palpitant mais aussi terriblement effrayant. Malgré toutes les précautions prises, tout ne se passe pas toujours comme prévu...
    J'ai une nouvelle fois passé un très bon moment de lecture. Le découpage des planches est très bien pensé. On parvient à capter toutes les émotions des personnages, ce qui est une prouesse d'autant plus belle quand on sait le peu de détails incorporés dans les visages. J'apprécie de plus en plus le style de l'illustrateur (j'ai eu l'occasion de le voir à l'oeuvre au salon du Livre de Paris et ce fut un vrai bonheur).
    La fin est des plus intrigantes et fait naître beaucoup d'interrogations; la plus grande étant : que va-t-il se passer dans le prochain tome? On peut déjà imaginer quelques détails en découvrant l'illustration en double page à la toute fin de la BD mais pour le reste il faudra patienter jusqu'à janvier 2018. 
    Je vais conclure en insistant sur le fait que cette série mérite vraiment d'être lue. Que vous soyez amateurs ou non de sagas historiques, laissez-vous tenter. C'est une vraie perle!

     

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    Irena, tome 2 : "Les justes"

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