• Les chiens de Pripyat

     

    Les chiens de Pripyat

    Scénario : Aurélien Ducoudray
    Dessin : Christophe Alliel
    Éditeur : Bamboo
    Collection : Grand Angle
    Année de parution : 2017
    Genre : BD indépendante
    Nombre de pages : 56

    Les chiens de Pripyat, T.1

    26 avril 1986 : une série d'explosions ravage la centrale nucléaire de Tchernobyl, contaminant tout dans un rayon de plus de 200 km. Après l'évacuation des plus proches villages, des groupes de chasseurs sont formés avec pour mission d'abattre les animaux touchés par les radiations et qui vivent en liberté dans des villages fantômes. Pour trente roubles par animal tué, une brigade accepte de pénétrer la zone. Là, ils croiseront le destin de personnages extraordinaires. Des âmes perdues, abandonnées dans la lande irradiée.

    Les chiens de Pripyat, T.1

    J'ai une affection toute particulière pour la collection "Grand Angle". Ses scénarios forts servis par un dessin propre et net me plaisent quasiment à tous les coups.

    Ici, on suit Kolia, un jeune garçon qui vit presque en direct l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl (accident suggéré en quelques vignettes). Après un saut dans le temps dont on ignore la durée avec exactitude, on retrouve Kolia, son père, et d'autres hommes agglutinés dans un tracteur, prêts à franchir un barrage militaire pour entrer dans une zone contaminée. A partir de là, tandis que les adultes vont s'affairer à liquider un maximum de chiens abandonnés, le garçon va chercher tous les prétextes pour ne pas y participer. Certaines scènes sont vraiment dures et j'aurais aimé que la violence des hommes soit un peu plus "justifiée" : insister sur la dangerosité de la zone radioactive, sur la menace que représente ces animaux en liberté, etc. En tout cas, on comprend bien que ces hommes sont prêts à tout pour quelques pièces (que ce soit le groupe principal ou d'autres qui rôdent dans les parages). Certaines de leurs conversations ne sont pas toujours très compréhensibles; cela permet de s'identifier d'avantage à Kolia. Mais n'y a-t-il vraiment que des animaux dans ces villages désertiques? Dans l'ombre, d'étranges personnages en combinaison surveillent le groupe de chasseurs... Que leur veulent-ils? Mystère.

    La fin surprenante relance un peu l'histoire et nous sauve de l'ambiance très cruelle qui règne sur ce premier tome. J'ai apprécié en savoir un peu plus sur Tchernobyl vue "de l'intérieur". Les planches de villages à l'abandon, d'enterrements, de bâtiments démolis sont impressionnantes et suscitent beaucoup d'émotion. Je lirai avec plaisir la suite et fin de ce diptyque.

     

    Note : 

    Les chiens de Pripyat, T.1

    Les chiens de Pripyat, T.1

    Les chiens de Pripyat, T.1 

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  • Klaw T.1 : "L'éveil"

     

    Klaw T.1 : "L'éveil"

    Scénario : Ozanam
    Dessin : Jurion
    Éditeur : Le Lombard
    Année de parution : 2013
    Genre : tout public (à partir de 12 ans), aventure, fantastique
    Nombre de pages : 48

    Klaw T.1 : "L'éveil"

    Tous les adolescents sont uniques, mais Ange Tomassini l'est encore d'avantage! Et cela lui fait peur. A chaque fois qu'il est en danger, un mystérieux homme-tigre vient le tirer d'affaire. Comment expliquer autrement que ses camarades et professeurs le craignent tellement...?
    Encore faudrait-il qu'Ange se pose les bonnes questions, à commencer par celle-ci : pourquoi le fils d'un simple vendeur de poisson est-il flanqué en permanence d'un garde du corps...?

    Klaw T.1 : "L'éveil"

    Quelle couverture! Toute en couleur et en puissance, je me suis empressée d'ouvrir la BD après l'avoir vue. Comme expliqué dans le résumé, Thomas, le héros, se transforme en redoutable tigre quand ses émotions sont trop fortes (peur, colère, angoisse...). Bien évidemment, il est tourné en ridicule quand il raconte ceci à Franck, son meilleur ami. Hors de question non plus d'essayer d'avoir du soutien auprès de son frère ou de son garde du corps... Non content de se retrouver seul face à ce problème, Thomas est secrètement amoureux de Lisa qui, malheureusement, sort déjà avec Kurt, la grosse brute du lycée. Un jour, les policiers interrompent les cours : Kurt est mort; il aurait été tailladé par quelque chose ressemblant à une patte de lion! Thomas se sent forcément coupable; seul souci : il ne se souvient d'absolument rien.

    Ce premier tome est une pépite! Le scénario est solide, bourré de mystères, de rebondissements, et de scènes d'action. Malgré l'argent possédé par sa famille, Thomas est un ado comme un autre : un peu impopulaire, timide et parfois mal dans sa peau. Pourtant, il est terriblement attachant. Certains personnages secondaires sont également très intéressants (sauf cette peste de Lisa!).

    Rencontré dans le cadre d'un échange avec les éditeurs durant le festival d'Angoulême 2017, le scénariste, Antoine Onazam a expliqué : "j'ai créé cette histoire pour ma fille, à l'époque trop jeune pour découvrir mes ouvrages précédents". On sent effectivement que le scénario a été pensé pour plaire tout particulièrement au public adolescent, souvent négligé dans l'univers de la bande-dessinée franco-belge.

    Le dessin dans un style réaliste est très agréable et on savoure chaque apparition du tigre, tout en muscles et en puissance. Les personnages sont aussi très expressifs.

    Certaines réponses aux questionnements des lecteurs sont déjà révélées dans ce tome. La BD se termine sur un mystère supplémentaire qui ne suscite qu'une réaction : le besoin irrépressible de se procurer le tome suivant!

    Thomas apparaît incontestablement comme un héros de la BD pour ados. Une excellente série qu'il ne faut pas rater quel que soit votre âge!

     

    Note

    Klaw T.1 : "L'éveil"

    Klaw T.1 : "L'éveil"

    Klaw T.1 : "L'éveil"

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    Merci aux éditions du Lombard!


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  • A l'assaut du roi, tome 2

    A l'assaut du roi, tome 2

    Dessin : Takahiro Wakamatsu
    Scénario : Minori Kiguchi
    Editeur : Kana
    Année de parution : 2016
    Genre : shonen
    Nombre de pages : 192

    A l'assaut du roi, tome 2

    Après deux mois de pratique seulement, notre jeune aventurier de dix ans est bien déterminé à affronter Ren, le redoutable prince des échecs! Ippei se risque au championnat junior national mais reste à savoir ce qui l'attend : un combat au sommet ou une cuisante défaite...

    A l'assaut du roi, tome 2

    Le coup de cœur que j'ai eu pour le personnage d'Ippei dans le tome 1 se confirme dans cette suite. Ce garçon à la bouille d'ange continue de démontrer un courage sans faille malgré ses lacunes dans les échecs et son tempérament impulsif. Il veut croire en sa chance et fait preuve d'une extraordinaire positivité. A croire que rien ne peut l'abattre... Ren, de son côté, est toujours aussi glacial et condescendant, voire même d'avantage étant donné le contexte de compétition officielle. Les deux garçons sont de parfaits opposés et on sent que, quelle que soit l'issue de leur partie, leurs chemins se croiseront encore.

    Ce tome est intéressant car il porte essentiellement sur le duel entre Ippei et Ren; de prime abord, réussir à capter l'attention des lecteurs en racontant une partie d'échecs relève d'une grande complexité. Pourtant, le contrat est pleinement rempli. Tous les personnages sont très expressifs, ce qui créé une certaine tension. De plus, même sans être un joueur confirmé, on arrive à suivre la partie et à comprendre les stratégies des garçons. Les mangakas se permettent même de faire une petite pause dans l'histoire pour expliquer de nouveau quelques règles essentielles et proposer un petit jeu au lecteur. On n'a qu'une seule hâte à la fin du manga : assister à une nouvelle confrontation entre les garçons. J'espère que le personnage de Hime fera une apparition dans le prochain tome car elle m'a manquée dans celui-ci.

     

    Note

    A l'assaut du roi, tome 2

    A l'assaut du roi, tome 2

    A l'assaut du roi, tome 2

     

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  • Le Règne Tome 1 : "La saison des démons"

    Le Règne Tome 1 : "La saison des démons"

    Scénario : Sylvain Runberg
    Dessin : Olivier G.Boiscommun
    Editeur : Le Lombard
    Année de parution : 2017
    Genre : BD adulte, fantasy
    Nombre de pages : 56

    Le Règne Tome 1 : "La saison des démons"

    Un tigre, une guéparde, un bouc. Un trio de mercenaires uni par cette réalité intemporelle : l'union fait la force. Surtout quand le monde dans lequel ils doivent survivre n'a jamais été aussi dangereux.  Car le règne de l'Humanité est révolu. Et nos trois aventuriers ont à affronter son terrible héritage : des puissances naturelles destructrices...

    Le Règne Tome 1 : "La saison des démons"

    Une nouvelle série avec des animaux aux caractéristiques humaines. Même si c'est un genre qui est loin de lasser, il est difficile ici de comprendre dans quel contexte se déroule l'histoire. Dès le départ, on est plongé dans une scène d'action où un convoi conduit par des ratons laveurs (je crois^^) est pris d'assaut par des bandits. Ils vont être sauvés de justesse par les trois mercenaires présentés dans le résumé, mais après cela, la situation n'est pas plus claire. On sait qu'ils fuient vers "le shrine" : qu'est-ce que c'est? Pourquoi fuient-ils? Ce n'est qu'à la fin de l'histoire, dans les pages bonus, que tout nous est expliqué : la race des hommes a disparu laissant derrière elle des espèces animales se développer et évoluer intellectuellement. Mais les Hommes sont toujours présents dans l'esprit des bêtes : ils sont considérés comme des démons responsables des catastrophes naturelles qui s'abattent en permanence sur ce monde apocalyptique. Les animaux sont donc en quête d'un refuge : "le shrine".

    Non contents de devoir affronter les éléments, la horde que l'on suit devra également faire face à l'hostilité d'autres individus qu'ils vont rencontrer en chemin... L’atmosphère dangereuse est très bien retranscrite à travers les dessins, les scènes de cadavres sous les décombres (certes atténuées par le fait qu'on a affaire à des animaux), les corps affaiblis, couverts d'entailles... Les trois mercenaires se détachent du lot comme convenu; Octavia, la guéparde, s'impose comme le personnage fort au passé le plus trouble.

    Le contexte et l'histoire m'ont beaucoup fait penser  au comics Solo d'Oscar Martin (qui a été un véritable coup de cœur pour moi). J'adhère un peu moins au dessin dont le côté aquarelle est trop rétro pour moi mais l'aventure reste intéressante, autant que les suppléments de fin (scène coupée, portraits des mercenaires) et j'aimerais en découvrir plus sur Isaac, le tigre blanc en costume de dandy.

     

    Note

    Le Règne Tome 1 : "La saison des démons"

    Le Règne Tome 1 : "La saison des démons"

    Le Règne Tome 1 : "La saison des démons"

     

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  • Corps sonores 

    Corps sonores

    Scénario/Dessin : Julie Maroh
    Éditeur : Glénat
    Année de parution : 2017
    Genre : roman graphique
    Nombre de pages : 300

    Corps sonores

    A Montréal, comme partout ailleurs, les couples se font et se défont. Les individus s'attirent, se repoussent, dans une perpétuelle valse des corps. Dans cette même ville s'entrecroisent des destins à la fois différents et semblables, liés par ce sentiment indescriptible : l'amour. Cette inconnue à laquelle même la science ne peut donner d'explication, ce concept qui nourrit l'imaginaire des artistes depuis toujours, est au cœur du nouveau roman graphique de Julie Maroh.

    Corps sonores

    J'ai avant tout été attirée par la couverture de cette BD : paysage agréable, scène de vie simple, couleurs douces... Cela me plaisait beaucoup.

    Toutes les saynètes de la vie amoureuse qui y sont racontées sont véritablement passionnantes malgré le caractère parfois atypique de certaines d'entre elles. On y croit; parfois même, on les a vécues : discuter pour la première fois, savoir si on le/la rappelle avec une nuit de sexe, s’échapper après une dispute, découvrir le "polyamour", rejouer la scène de la rencontre après plusieurs années de vie commune, rester avec elle/lui malgré la maladie et les conflits, etc. Ces situations sont tellement universelles que le fait que les personnages soient hétéros, homos, bis ne change rien; le sentiment amoureux est le même quelle que soit son orientation sexuelle. Julie Marot, l'auteure, écrit une chose simple et tellement vraie dans l'introduction : "Nous ne sommes pas une minorité. Nous sommes les alternatives. Car il a autant de relations amoureuses qu'il y a d'imaginaires."

    Les actions se déroulent à Montréal, ce qui sous-entend un vocabulaire parfois différent de celui de l'Hexagone. Si dans les premières scènes cela peut agacer car il y a beaucoup de petits astérisques et de mots et expressions traduits, on apprend vite à passer outre.

    Les histoires sont sublimées par un dessin où le contraste du noir et du blanc est parfaitement maîtrisé. C'est un vrai plaisir visuel! Les nuances de gris, les jeux de lumières... ouah! Quel dommage que les visages des individus soient trop grossiers, avec un trait trop simple.
    Le choix de la dernière scène est très intéressant. Il laisse flotter un espoir au-dessus de ce sentiment qui peut parfois faire naître la douleur et la cruauté. Malgré les moments difficiles, l'histoire n'est peut-être pas finie...
    On ressort de cette lecture avec le cœur débordant de bons sentiments. Cette BD est une jolie ode à l'amour et à la tolérance.

     

    Note : 

    Corps sonores

    Corps sonores

    Corps sonores

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