• Le Perroquet

    Le Perroquet

     Le Perroquet

    Scénario/Dessin : Espé
    Editeur : Glénat
    Année de parution : 2017
    Genre : BD indépendante
    Nombre de pages : 160

    Le Perroquet

    Bastien a 8 ans. Et sa maman est malade. Souvent, elle fait ce que son papa et ses grands-parents appellent des "crises". D'après les médecins, elle souffrirait de "troubles bipolaires à tendance schizophrénique". C'est pour ça qu'il faut régulièrement l'emmener à l'hôpital, dans des établissements spécialisés, pour prendre des médicaments. Bastien n'aime pas trop ça car quand elle revient, elle ne réagit à plus rien. Elle n'a plus aucun sentiment, plus aucune envie.

    S'inspirant de son propre vécu, Espé livre un récit aussi personnel qu'universel, celui d'un enfant perdu dans une réalité où l'imaginaire est le seul refuge; dans son regard, on ne lit qu'incompréhension et douleur face à la maladie de sa mère.

    Le Perroquet

    Voilà une BD qui m'a laissée sans voix. Un récit émouvant, triste, bouleversant... Je n'ai pas assez d'adjectifs pour la décrire.
    Comme il est dit dans le résumé, Bastien est un petit garçon; c'est à travers ses yeux qu'on voit la maladie de sa mère. Une mère déprimée et complètement hors de contrôle. A chaque seconde, son moral peut flancher et elle peut se retrouver dehors à hurler à la mort, se rouler en boule, s'arracher les cheveux, se jeter du haut des escaliers... Une vision d'horreur pour nous; mais Bastien raconte cela presque comme une anecdote. Il est habitué aux crises de sa mère. Cependant, ses séjours récurrents en établissements hospitaliers lui déchirent le cœur; sa mère lui manque cruellement. Il vit la plupart du temps chez ses grands-parents car son père est souvent débordé et dépassé par les événements.
    Bastien ne comprend pas toujours tout, il cherche des explications et ses hypothèses de petit garçon sont émouvantes de naïveté. Malgré la maladie de sa mère et les troubles familiaux qui en découlent, Bastien est un enfant qui passe du temps avec ses amis, qui s'amuse en toute innocence. Il ignore que, pendant ce temps, l'état de sa mère décline...
    J'ai envie de vous laisser découvrir la suite par vous-même car cette BD mérite vraiment le coup d’œil. La simplicité du dessin et des codes couleurs intensifient encore les événements. Les petits moments du quotidien sont développés sur des couleurs pâles, mais dès que la mère de Bastien flanche, c'est un rouge vif qui prend le relais. On capte très bien le regard vide de cette femme gavée de médicaments, sa fatigue, la frustration du grand-père... On ressent la détresse de toute la famille et aussi de cette femme. C'est vraiment brillant.
    Les sentiments multiples qui nous gagnent à la lecture durent jusqu'à la fin et jusqu'à la révélation sur le choix de cet étrange titre. C'est une BD brillante comme on aimerait en voir plus. Comme le dit Bastien, sa mère n'est pas en fauteuil roulant, elle ne marche pas avec une canne et des lunettes noires; sa maladie ne se voit pas et pourtant elle existe bien. Voir la schizophrénie exposée et expliquée ainsi nous sort partiellement de l'ignorance et nous met une bonne claque. Je suis ravie d'avoir pu lire cette BD et j'espère qu'elle fera beaucoup parler d'elle.

     

    Note

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