• Les Porteurs, tome 1

    Les Porteurs, tome 1

    Auteur : C.Kueva
    Éditeur : Thierry Magnier
    Année de parution : 2017
    Format : broché
    Genre : science-fiction
    Nombre de pages : 303

    Gaëlle a choisi d'être une femme, Flo hésite encore. Matt, lui, sait que dans trois mois, il deviendra un homme. Dans cette société, tous les enfants naissent hermaphrodites. A seize ans, les adolescents doivent choisir leur sexe. Tous, sauf ceux atteints d'une déficience qui les condamne à un autre destin. On les appelle les Porteurs. Matt découvre qu'il est l'un de ceux-là. Mais que cache vraiment la déficience des Porteurs? Pourquoi l'Etat les tient-ils sous haute surveillance? Une formidable histoire de manipulation, de secret d'état, et bien entendu, d'amour.
    Ce premier roman est le premier volume d'une trilogie.

    Nous voici dans une société futuriste où un incident nucléaire a bouleversé les lois de la nature : la reproduction naturelle n'existe plus et les êtres humains ont la possibilité de choisir leur sexe à seize ans. Ce choix constitue un événement majeur dans la vie de chaque individu et les pre-Seza (les enfants qui n'ont pas encore de sexe défini) sont très encadrés avant de donner leur verdict. Matt en fait partie et sa décision est déjà claire dans sa tête, mais tout ne va pas se passer comme prévu...
    Le concept est très original. J'aime bien l'idée d'un monde où on pourrait choisir son genre, où cette distinction ne serait pas le fruit du hasard mais une vraie décision personnelle. La seule chose qui me dérange, c'est que l'homosexualité semble avoir complètement "disparu" de cette société. Faut-il obligatoirement devenir femme si on sent une attirance pour les hommes? Matt dit à un moment quelque chose du genre : Gaëlle aimait se faire belle et marcher avec élégance; le choix d'être une femme s'est donc imposé naturellement à elle. Pourquoi tomber dans un tel stéréotype? Gaëlle aurait très pu être un homme maniéré. Si le choix du sexe semble dans un premier temps représenter une nouvelle liberté chez les êtres humains, certaines réflexions des personnages laissent sous-entendre qu'ils sont en fait très formatés et que leur décision finale est influencée par beaucoup d'idées arrêtées. Est-ce intentionnel de la part de l'auteur?
    Si Matt est un personnage lambda qui ne fait pas trop d'histoires, Gaëlle, sa petite-amie, est beaucoup plus extravertie et démonstrative; je trouve que ces deux-là forment un duo qui fonctionne bien. Je n'ai pas été surprise qu'on découvre une société secrète qui désapprouve les soins apportés par le gouvernement aux Porteurs; j'aurais en revanche aimé sentir que les héros courent un véritable danger. Malgré tous les secrets révélés, on ne sent pas que les méthodes qu'ils emploient ne leur fait pas courir un énorme risque. Peut-être que le rythme s’accélérera dans les tomes suivants mais dans celui-là, l'action manque cruellement. La fin reste pourtant très surprenante. Impossible de deviner dès le début dans quel état seront les héros à la fin du livre.

    En résumé, même si aucune menace n'est vraiment apparente dans ce premier tome au sujet innovant, beaucoup de questions sont soulevées et méritent qu'on s'intéresse aux prochains tomes pour y répondre. Affaire à suivre...

     

    Note

              La vie peut basculer en une seconde. On a des projets pour ses prochaines vacances, des questions sur son orientation scolaire, des espoirs amoureux, des partitions de guitare à déchiffrer, une contrariété pour sa coupe de cheveux ratée ou un bouton mal placée sur le nez et la seconde suivante plus rien de toue cela n'a de sens. Les tracasseries d'avant nous paraissent, avec le recul, de doux moments de légèreté quotidienne. On les chérit, elles nous attendrissent, on aimerait tant retrouver l'insouciance. Celle qui nous a fait confondre l'insignifiant et l'important. Mais la seconde d'après nous ramène à une autre échelle. On découvre que l'important, c'est autre chose que la mauvaise note en maths ou les vacances ratées. Ensuite, on repense à cette seconde, on se la repasse en boucle dans la tête. On essaie de figer le temps d'avant, comme si on pouvait, à force d'y revenir encore et encore, effacer la seconde fatidique et reprendre le cours normal de l'existence.

              Cette seconde-là, elle est arrivée au petit-déjeuner, quelques jours après la Seza de Flo. Je m'en souviens précisément car j'avais remarqué l'enveloppe sur le guéridon dans l'entrée, là où Julien avait posé le courrier récupéré dans la boîte aux lettres. Sur cette enveloppe, il y avait le même logo que sur celle de Flo, le logo rouge du CPH. Pourquoi le Centre de Planning Hormonal nous écrivait-il? Peut-être pour préparer ma Seza mais ça me semblait un peu tôt.


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