• Paris est tout petit

    Paris est tout petit

    Auteur : Maïté Bernard
    Éditeur : Syros
    Date de parution : 1er février 2018
    Format : broché
    Genre : romance, drame
    Tranche d'âge : à partir de 16 ans
    Nombre de pages : 376
    ISBN : 9782748524901

    Inès a 17 ans et un objectif : être admise à Sciences Po après le bac. Elle vient de trouver un job de femme de ménage chez les Brissac, dans le 7e arrondissement de Paris, mais elle n’avait pas prévu le coup de foudre intense entre elle et Gabin, le fils aîné de ses employeurs.

    « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment, comme nous, d’un aussi grand amour. » Cette phrase de Prévert devient leur credo.

    Inès et Gabin sont ensemble le soir de l’attentat du Bataclan, quand le pire se produit. Dès lors, leur histoire et la ville qui les entoure prennent d’autres couleurs, celles de l’après.

     J'étais à la fois excitée et angoissée de commencer cette lecture. Excitée car Maïté Bernard (l'auteure) a très bien "vendu" son livre lors d'une rencontre avec les écrivains des éditions Syros. Il me restait néanmoins un a-priori : je ne voulais pas lire un roman qui ferait débat, qui remettrait sur le tapis des sujets de société, la question du mauvais amalgame entre musulmans et terroristes, etc. Finalement, ce chef d'oeuvre est allé au-delà de mes attentes.

    Inès, l'héroïne, est musulmane. Mais elle est surtout une lycéenne brillante bien qu'un peu introvertie. Gabin, lui, est plus ouvert, rêveur et surtout follement amoureux de sa ville natale : Paris. Le coup de foudre entre les deux jeunes gens est immédiat et laisse complètement rêveur. C'est doux, c'est facile, c'est beau. Outre les partages de caresses qui émoustillent, ils parlent beaucoup de culture cinématographique, de musique, de livres, etc. Inès, qui ne jure que par la littérature, va s'ouvrir au monde du cinéma et découvrir des classiques comme les films avec Jean Gabin mais aussi de gros blockbusters américains, type Fast and Furious. Mais là où Gabin va prendre le plus de plaisir, c'est en faisant découvrir à sa petite amie son précieux Paris : ses rues, son architecture, son histoire, etc. Je suis littéralement tombée amoureuse de leur histoire d'amour.

    L'attentat du Bataclan n'en sera que plus brutal pour les deux jeunes gens... Entre la détresse, la colère et la culpabilité, le couple parviendra-t-il à garder son équilibre? Cette question est développé dans la deuxième moitié du roman mais je ne vous en dévoilerai pas plus car c'est quelque chose de difficile à raconter, et tellement plus intense à lire. Inès et Gabin auront des moments de doute, de tristesse, de remise en question, de perdition, etc. Mais la vie doit continuer et il leur faudra en retrouver le droit chemin.

    Dans le fond comme dans la forme, ce livre est un bijou. Maïté Bernard parvient à raconter des choses fortes et à faire naître toutes sortes d'émotions avec un vocabulaire et un style très simples. Je ne suis pas une fan de Paris (pour être honnête, c'est même plutôt l'inverse), mais j'ai adoré suivre les amoureux dans leurs balades. C'est comme s'ils nous donnaient la main pour marcher avec eux. Contrairement à ce que je redoutais au départ, l'auteure ne laisse jamais le moindre débat sur la religion empiéter sur l'histoire des deux amoureux; elle ne refait pas l'Histoire, elle s'en sert simplement pour faire vivre l'idylle d'Inès et Gabin. Leur histoire, entre fiction et réalité, est à la fois cruelle et magnifique. J'en suis ressortie bouleversée et je doute que le moindre lecteur en reste indemne.

    Ce roman est un énorme coup de cœur! A découvrir d'urgence quel que soit votre âge, votre sexe, votre culture ou vos croyances.

     

    Note

       - Tu as le temps de faire un tour du square avec nous? dit-il en me montrant Bobby. Ça lui ferait tellement plaisir.
           Nous regardons le chien occupé à renifler une roue de voiture.
         - C'est vrai qu'il a l'air très anxieux à l'idée de la séparation, dis-je.
           Mais je pousse la petite porte du square et nous y entrons. Les marronniers, les peupliers et les platanes offrent un début d'ombre charmant dont je m'éloigne pour aller voir la statue du lion. Je lis à voix haute : 
         - Drame du désert, Henri Amédée Fouques.
         Je me tourne vers Gabin pour lui dire que je ne connais pas ce sculpteur, mais son expression de désir me paralyse. Nous restons immobiles quelques secondes, perdus dans le regard l'un de l'autre, puis il avance sur moi et m'embrasse en plein milieu du square.
           Pour la première fois, je promène ma main dans les cheveux d'un garçon, dans son cou , sur sa joue. Le plus étrange, c'est que ce soit si évident.
     


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