• Les terres d'Alme, tome 1

    Auteur : Pierre Zandvliet
    Éditeur : Lycane (auto-édition)
    Année de parution : 2015
    Format : broché
    Genre : heroïc fantasy
     Nombre de pages : (à venir)

    C’est un grand jour pour la chevalière Swéna, la jeune fille se voit confier sa première mission en tant qu’émissaire du roi de Chevalienne. Accompagnée d’une escorte de dix chevaliers de l’Ordre, menée par le légendaire Séïssuk, elle part pour un voyage de trois jours en direction du territoire des Lornes, créatures ailées, gigantesques et douées de magie.
    Mais une attaque contraint Séïssuk à diviser l’escorte. Et pour cause, un espion sévirait à Chevalienne et le chevalier ne peut se résoudre à ne pas avertir son roi.
    Arrivée dans les grottes des Lornes, Swéna apprend qu’une de ces puissantes créatures vient d’être attaquée par l’Empire, ennemi éternel de l’Alliance. Sans avoir le temps de prévenir Séïssuk, la jeune chevalière part pour une quête bien plus dangereuse : libérer deux Lornes prisonniers de l’Empire.
    Peu de temps après, Séïssuk est assailli par une vision terrifiante : il est attaqué à son retour à Chevalienne. Attaqué, par un homme… sans visage.

    Entrez dans l'univers foisonnant des Terres d'Alme! Pierre Zandvliet nous offre un tout nouveau monde de fantasy avec des races uniques et une source d'énergie atypique : l'Alme.

    Partez à l'aventure avec Swéna, Seïssuk, Toulk et les autres chevaliers combattre le terrible Dorgath. Au cours de votre mission, vous rencontrez des êtres incroyables : les redoutables Orcances, les Lyans solidaires, les majestueux Lornes, mais aussi les cruels Bénélodors, Barkors et Sol'hans... Ne craignez pas de vous y perdre car chaque race à ses caractéristiques physiques propres, son mode de vie et son territoire. Il est facile de tout assimiler.
    Swéna est une jeune humaine qui sort de son apprentissage et devient émissaire du roi de Chevalienne. Malgré son enthousiasme, elle se retrouve à plusieurs reprises face à des individus rebutés par son inexpérience. J'ai beaucoup aimé cette héroïne courageuse mais parfois dépassée par tout ce qui se déroule autour d'elle. Heureusement, elle est soutenue par un grand nombre d'alliés; mon préféré est indubitablement Feïmer, haut roi des Lyans tiraillé entre ce qu'il pense le mieux pour son peuple et les exigences de ses pairs (en particulier sa colérique épouse).
    Même si Swéna a un rôle majeur dans l'aventure, tout ne tourne pas toujours autour d'elle. On l'abandonne régulièrement pour prendre des nouvelles de Seïssuk et les autres, partis de leur côté, qui sont quelques fois plus en danger que la jeune émissaire. Le livre est un pavé mais il foisonne d'épopées passionnantes, sans lenteur, toujours très rythmées. A ma grande joie, les descriptions de paysages sont courtes et modérés, et les scènes de batailles sont nombreuses et bien décrites. Hors des scènes d'action, on reste sous tension car pour certains personnages, la quête prend une tournure plus personnelle. De plus, il semblerait que l'ennemi rôde dans des lieux qu'on pensait sûrs...

    Je ressors ravie de cette lecture et je suis convaincue que Pierre Zandvliet en a encore "sous la pédale". Après tout, ce livre n'est que le premier tome d'une quadrilogie. Je sens que la suite va être épique (surtout quand on lit les toutes dernières lignes)!
    Si vous souhaitez en savoir d'avantage sur cette saga, il existe un site internet où vous pouvez lire des extraits, des chroniques inédites et découvrir d'autres avis de lecteurs. J'ai rencontré l'auteur à deux reprises lors de séances de dédicaces; il est d'une grande sympathie, passionné par son oeuvre et avide de la faire découvrir au plus grand nombre. Alors vous aussi, laissez-vous séduire!

     

    Note

           Swéna arrêta son engin et s'approcha. Une obscurité impénétrable régnait dans la cavité. Une obscurité qui soufflait un air chaud, à un rythme régulier. Même si la chevalière connaissait les Lornes, c'était la première fois qu'elle venait seule, et surtout à une heure aussi tardive. Elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine appréhension. Le souffle vit trembler le sol. Puis une deuxième fois.
           Une masse gigantesque sortit de l'ombre, mais le creux de la vallée était trop sombre pour deviner ses formes.
          - Présente-toi, ordonna une voix puissante accompagnée du souffle chaud.
          - Swéna, chevalière de l'Ordre dans la cité des Humains, énonça-t-elle avec aplomb. Émissaire du roi Vidam, venue pour un entretien avec le seigneur Dranzil, ajouta Swéna avec une certaine fierté.
           Le Lorne leva une lourde patte, et décrivit un arc de cercle devant lui. Un à un, les monolithes qui cerclaient la clairière crépitèrent et diffusèrent une puissante lumière. La créature se trouvait juste devant Swéna, haute et massive. Une large tête taillée en triangle, juchée sur un long et musculeux cou écailleux, le Lorne était muni d'une gueule suffisamment grande pour avaler un Humain d'un coup, et de crocs capable de transpercer n'importe quelle armure. Ses écailles se teintaient de différents tons de rouge sur le dos, jusqu'à l'ocre brune scintillante sur son ventre. Chaque pointe d'écaille semblait enrobée d'or. Une longue ligne de cornes en trident, dont la centrale plus haute et plus grosse, s'étirait du haut de son cou longiligne et descendait jusqu'à la pointe de sa queue.
          - Je vais vous guider jusqu'à mon seigneur. Suivez-moi, ordonna le Lorne de sa voix résonnante, tandis que Swéna était captivée par ses yeux reptiliens où l'iris palpitait de nuances jaunes et vertes.


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  • Et si l'amour c'était aimer?

     

    Scénario / Dessins : Fabcaro
    Éditeur : 6 pieds sous terre
    Année de parution : 2017
    Format : moyen, couverture souple
    Genre : BD indépendante
    Nombre de pages : 26

    Sandrine et Henri coulent des jours paisibles dans leur villa. Henri est un patron de startup épanoui et dynamique et Sandrine l'admire. Mais hélas la vie n'est pas un long fleuve tranquille... Un beau jour, Sandrine tombe sous le charme de Michel, un brun ténébreux livreur à domicile et chanteur de rock à ses heures perdues. Une idylle merveilleuse va alors se nouer entre eux. Mais la vie est-elle toujours du côté de l'amour ? Les sentiments purs et absolus ne sont-ils pas qu'une feuille morte emportée par le vent ? Un arc-en-ciel ne finit-il pas toujours par disparaître derrière les nuages ? 

    Un hommage appuyé aux romans-photos et aux collections de romans à l'eau de rose. Si vous pensiez avoir fait le tour de la question sur ce genre de littérature de gare, laissez-nous vous proposer l'idée qu'on peut, en fait, aller beaucoup plus loin, grâce à Fabcaro.

    Si certains ne connaissent pas encore les BD de Fabcaro, la signification du résumé n'est peut-être pas très claire : ceci est une énorme parodie!
    Henri, riche homme d'affaire est marié à Sandrine, femme d'intérieur adepte de répliques niaises. Tout semble aller pour le mieux jusqu'au jour où Sandrine tombe sous le charme du livreur de macédoine à domicile. Cela vous donne déjà une petite idée de l'humour complètement loufoque auquel on a affaire dans cette BD.
    On retrouve tous les clichés de l'histoire d'amour façon "Harlequin" : le coup de foudre, la liaison cachée, le mari qui découvre la vérité, les grandes phrases sur l'amour, etc; mais tout ceci raconté à la sauce quinzième degré. Vous rirez aussi en assistant aux réunions de travail d'Henri et aux répétitions du groupe de musique de Michel.
    De la même manière que dans Zaï Zaï Zaï Zaï, j'adore le décalage entre le dessin sérieux en noir et blanc et les répliques décapantes. Cela fonctionne extrêmement bien.

    Bref, si vous aimez vous divertir avec des BD totalement folles, ne passez pas à côté de celle-ci.

     

    Note

    Et si l'amour c'était aimer?  Et si l'amour c'était aimer?

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  • Je voulais juste te dire...

    Concept : Emily Trunko
    Illustrations : Lisa Congdon
    Éditeur : Bayard
    Année de parution : 2017
    Format : broché
    Genres / thèmes : épistolaire
    Nombre de pages : 192
    Tranche d'âge : à partir de 14/15 ans

    Cher lecteur,

    - Aurais-tu aimé pouvoir dire à la fille qui t'a brisé le cœur que tu étais toujours amoureux d'elle?
    - T'es-tu déjà demandé pourquoi ton meilleur ami refusait de t'adresser la parole?
    - Aimerais-tu avoir l'occasion de remercier la personne qui a changé ta vie?

    Ce livre est tiré d'un Tumblr totalement addictif, Dear My Blank, qui a encouragé toute une communauté de personnes qui ne se connaissaient pas à partager leurs secrets, leurs chagrins d'amour, leurs regrets et leurs victoires à travers des milliers de lettres qui n'ont jamais été envoyées à leurs destinataires.
    Cette sélection de lettres offre une plongée intime dans la vie et le cœur d'inconnus.
    Un concentré d'émotions qui ne vous laissera pas indemne...

    J'ai de suite accroché au concept de ce livre, n'étant pas une personne franche et très loquace. Je n'ai pas eu le sentiment d'être dans le voyeurisme car je pense que la plupart des auteurs de ces lettres avaient besoin d'être lus, besoin qu'on connaisse leurs sentiments cachés.

    Les lettres sont classées en plusieurs thématiques : "cher moi-même", "cher monde", "amour", "amis", "famille", "cœur brisé", "amour sans retour", "trahison", "perte" et "merci". Certaines peuvent paraître redondantes et pourtant, il y a de subtiles différences. Il y a des déclarations de quelques mots, d'autres de plusieurs pages... Il y a un tel panel de situations et de styles d'écriture qu'on tombe forcément sur des lettres qui nous touchent plus particulièrement. La plupart n'étant signée que d'une initiale ou d'une périphrase, on peut aisément s'identifier à l'écrivain -ou pourquoi pas au destinataire.

    Pour ma part, j'ai eu le cœur serré tout le long de ma lecture. On partage tellement d'émotions avec les auteurs : l'amour, la tristesse, le regret, la rancœur, le bonheur, etc. La beauté des textes est dans le fond, non dans la forme.

    Il y a pourtant une recherche dans la mise en page; d'une part, par des dessins et motifs très simples, comme des gribouillages dans un carnet intime; ensuite par la variété des polices d'écriture qui donne une identité propre à chaque texte. Tout ceci fait de l'objet livre quelque chose d'également très joli.

    Voilà comment un concept simple peut bouleverser une lecture. J'aime ces textes bruts, nés de sentiments intenses. Si vous en êtes également adeptes, vous lirez ce livre d'une seule traite. Et une fois terminé, vous serez pris une irrépressible envie d'écrire à quelqu'un...

     

    Note

     

    Je voulais juste te dire... Je voulais juste te dire... Je voulais juste te dire...

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  • Animosity, tome 1

    Scénario : Marguerite Bennett
    Dessin : Rafael De La Torre
    Éditeur : Snorgleux Comics
    Année de parution : 2017
    Genre : comics indépendant
    Nombre de pages : 136

    Un jour, les animaux se sont éveillés.
    Ils ont commencé à penser.
    Ils ont commence à parler.
    Ils ont commence à se venger.

    Le "réveil" des animaux a plongé le monde dans le chaos. Alors qu'une minorité d'entre eux cherchent une solution pacifique pour cohabiter avec les humains, d'autres engagent une guerre sans merci.
    New York ; au milieu de la tourmente, Jesse, une fillette de 11 ans, et son fidèle chien Sandor, partent à la recherche du frère de Jesse qui vit à San Francisco.
    Même si le voyage semble périlleux, rien n'aurait pu les préparer à ce qui allait arriver...

    Ayant eu une mise en bouche fort intéressante lors du Free Comic Book Day, je me suis jetée sur ce comics à sa date de sortie.
    J'ai été séduite par la couverture, puis par le dessin en général. Les couleurs sont vives, le trait est net et les personnages très expressifs (humains comme animaux). Ce qui est également captivant, c'est l'urgence du début, la soudaineté de la transformation des animaux, leur agressivité et le danger de mort qui en découle.
    Malheureusement, ce rythme soutenu s’essouffle très vite et même si on retrouve plus tard quelques scènes d'action, la première est indéniablement la plus aboutie. La fragile Jesse et son fidèle Sandor prennent la route au milieu du chaos et rencontrent à tour de rôle des êtres agressifs et d'autres pacifistes. La limite entre les deux camps n'est pas toujours claire et certaines conversations sur ce sujet sont confuses (et le dessin aussi par moment).On décroche à plusieurs reprises mais la ligne principale du récit reste identifiable.
    On croise pas mal de personnages et pourtant chacun se démarque des autres. C'est intéressant de constater que malgré le fait qu'ils possèdent dorénavant une conscience humaine, les animaux gardent -inconsciemment ou non- des réactions liées à leur race animale : les carnivores combattent (hormis un koala qui s'est glissé parmi eux), les herbivores s'occupent plutôt de la gestion des camps et du ravitaillement. Jesse, quant à elle, garde perpétuellement son innocence de petite fille. On sent qu'en l'absence de Sandor, elle ne survivrait pas longtemps.
    Les flash-back ne m'ont pas paru d'une grande utilité mais peut-être qu'ils prendront tout leur sens par la suite. Dans tous les cas, la vignette finale intrigue et ouvre sur une suite où tout est possible. Les couvertures alternatives qui terminent le livre permettent de savourer une dernière fois l'ambiance sombre de l'histoire et le talent des dessinateurs de comics.

    Pour résumer, malgré des confusions dans le scénario, l'idée de départ de ce comics est originale. Le prochain tome permettra de juger la série plus précisément.

     

    Note

     Animosity, tome 1

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  • 40 éléphants

    Scénario : Kid Toussaint
    Dessin : Virginie Augustin
    Éditeur : Bamboo
    Collection : Grand Angle
    Année de parution : 2017
    Genre : BD Adulte
    Nombre de pages : 56

    Le crime est une affaire de professionnelles.
    Londres 1920. Elles sont quarante. Voleuses, tueuses, kidnappeuses, cambrioleuses, proxénètes... Issues des divers milieux de la société, elles ont fait du crime leur affaire et se sont associées pour plus d'efficacité. Lorsqu'arrive Florrie « doigts de fée », jeune pickpocket talentueuse, toute l'organisation se révèle fragile et une lutte interne risque d'éclater. Le moment est mal choisi, car les éléphants doivent faire face à une police de plus en plus performante et à un gang masculin rival reconstitué et bien décidé à reprendre son territoire.

    J'aime énormément la collection "Grand Angle" qui présente régulièrement des scénarios solides et palpitants, et des planches avec une ambiance très marquée.
    40 éléphants ne déroge pas à la règle. On découvre les bas fonds et les petites ruelles de Londres dans les années 20, avec son lot de voyous au masculin comme au féminin. La jeune Florrie intègre un gang exclusivement féminin dirigée par l'impitoyable "Queen Kate" qui se dispute les différents quartiers de la ville avec d'autres gangs. On est plongé dans l'action dès les premières vignettes, le rythme accéléré est d'ors et déjà installé. Bien que novice, Florrie apparaît comme un personnage courageux qui a bien des choses à révéler... Elle lie vite amitié avec Esther, mère de famille qui doit rembourser "Queen Kate". Bien qu'extrêmement soudé au départ, le groupe finit par montrer des failles dont Florrie tente de comprendre la raison.
    J'aime ces histoires de femmes fortes et indépendantes. La grande majorité sont loin d'être des enfants de chœur et certaines ne montrent pas la moindre compassion. Les alliées d'aujourd'hui peuvent vite devenir les ennemies de demain. On ressent constamment le danger que chacune représente et la tension qui règne. Les visages sont très expressifs, les regards durs. Malgré le risque de se faire prendre par la police ou de se faire attraper par un autre gang, on découvre rapidement que le plus gros danger vient de l'intérieur du groupe de femmes. Les masques tombent peu à peu et les sentences sont exécutées...

    J'ai passé un très très bon moment de lecture et j'ai hâte de découvrir la suite des aventures du groupe, et plus particulièrement de Florrie. Même si en matière de dessin je préfère des traits plus précis, j'adore les couleurs ocres qui font ce côté rétro. Une BD que je conseille fortement à tous, hommes et femmes, pour toutes les palpitations qu'elle procure.

     

    Note

    40 éléphants, tome 1

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