• Irena, tome 2 : "Les justes"

     Irena, tome 2 : "Les justes"

    Scénario : Jean-David Morvan / Séverine Tréfouël
    Dessin : David Evrard
    Éditeur : Glénat
    Année de parution : 2017
    Genre : BD tout public, historique
    Nombre de pages : 67

    Irena, tome 2 : "Les justes"

    Irena Sendlerowa a réellement existé. Membre du centre citoyen d'aide sociale pendant la seconde guerre mondiale, elle s'engagea dans la résistance et sauva 2500 enfants de l'enfer du ghetto de Varsovie. Voici l'histoire de cette femme exceptionnelle.

    Irena, tome 2 : "Les justes"

    A la fin du tome 1, nous laissions Irena résolue à passer à l'action pour suivre les traces de son père. Dans ce tome 2, elle s'entoure d'un grand réseau de personnes volontaires pour l'aider. Hommes, femmes, maçons, concierges, juristes, nourrices... Ces gens ont tous des profils différents mais la même détermination.
    Cet album est un peu plus complexe que le premier dans la mesure où on est plongé au cœur de l'organisation secrète menée par Irena. Tout doit aller très vite si les membres ne veulent pas être pris et le réseau démantelé. Comme il est affiché dans toute la ville, "Peine de mort! pour quiconque assistera des juifs qui sortent du quartier résidentiel juif sans autorisation / Peine de mort! pour quiconque cachera, nourrira ou aidera des juifs." Les enfants qu'ils tentent de sauver sont de tous âges; certains sont vraiment très jeunes et les moyens utilisés pour les faire taire le temps de passer la frontière sont très risqués voire dangereux. C'est palpitant mais aussi terriblement effrayant. Malgré toutes les précautions prises, tout ne se passe pas toujours comme prévu...
    J'ai une nouvelle fois passé un très bon moment de lecture. Le découpage des planches est très bien pensé. On parvient à capter toutes les émotions des personnages, ce qui est une prouesse d'autant plus belle quand on sait le peu de détails incorporés dans les visages. J'apprécie de plus en plus le style de l'illustrateur (j'ai eu l'occasion de le voir à l'oeuvre au salon du Livre de Paris et ce fut un vrai bonheur).
    La fin est des plus intrigantes et fait naître beaucoup d'interrogations; la plus grande étant : que va-t-il se passer dans le prochain tome? On peut déjà imaginer quelques détails en découvrant l'illustration en double page à la toute fin de la BD mais pour le reste il faudra patienter jusqu'à janvier 2018. 
    Je vais conclure en insistant sur le fait que cette série mérite vraiment d'être lue. Que vous soyez amateurs ou non de sagas historiques, laissez-vous tenter. C'est une vraie perle!

     

    Note

    Irena, tome 2 : "Les justes"

    Irena, tome 2 : "Les justes"

    Irena, tome 2 : "Les justes"

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  •  Livre Paris 2017

     

    Du 24 au 27 mars 2017 a eu lieu le salon annuel du Livre de Paris.
    J'y suis allée pour la troisième fois avec ma maman Lolo Brodeuse, et c'est toujours un plaisir (si on omet certains détails)...

    Points positifs : de chouettes dédicaces, une jolie théâtralisation pour promouvoir certains ouvrages (voir photos ci-dessous), d'étonnantes découvertes (ex : les bornes installées en gares qui distribuent de la lecture gratuite en fonction du temps dont vous disposez)

    Points négatifs : des allées bondées alors qu'il y a plusieurs espaces non exploités (mon petit plaisir chaque année est de découvrir ce que proposent les petits éditeurs de littérature fantastique, mais les stands en question étaient tellement les uns sur les autres que je n'ai pas pu flâner autant que je voulais), une mauvaise signalétique pour indiquer l'emplacement des stands (beaucoup de gens cherchaient leur chemin) et surtout la mentalité débile des mecs en groupes qui font barrage devant les stands BD toute la journée et qui se proclament prioritaires aux dédicaces. No comment...

    Sur ce, je vous laisse découvrir en photos le résumé de ma visite!

     

     

    Exposition sur La Reine d'Egypte

     

     

    Les auteurs francophones (littérature)

     Agnès Martin-Lugand / Delphine de Vigan / Eric-Emmanuel Schmitt / Grégoire Delacourt / Leïla Slimani / David Foenkinos / Amélie Nothomb / Victor Dixen

     

     

    Les auteurs de polars/thrillers

     Jacques-Olivier Bosco / Sire Cédric / Valentin Musso / Laurent Scalese / Karine Giebel

     

     

     Les illustrateurs

    Oliver Dutto, Les P'tits Diables / Véronique Deiss, Le chat assassin (Ecole des Loisirs) / Stéphanie Blake, Simon (Ecole des Loisirs)

     

     

    Les auteurs étrangers

    Livre Paris 2017   Livre Paris 2017

    Cat Clarke                                                              Jojo Moyes

     

     

    Les "inclassables"

    Livre Paris 2017   Livre Paris 2017

    Luana Belmondo (livre de cuisine)                                                       Gérard Jugnot (biographie)

     

    Mes achats et dédicaces (promis, après c'est fini)

    Livre Paris 2017   Livre Paris 2017

    Livre Paris 2017

    David Evrard (illustrateur de la BD Irena chez Glénat)

     

    A bientôt pour un prochain salon!


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  • L'histoire de la Bête

    L'histoire de la Bête

    Auteur : Serena Valentino
    Éditeur : Hachette Romans
    Année de parution : 2017
    Format : broché
    Thèmes : Disney, fantastique
    Nombre de pages : 192

    L'histoire de la Bête

    C'est une histoire vieille comme le monde : celle d'un prince cruel transformé en Bête.
    Et celle d'une belle jeune fille qui surgit dans sa vie. Le monstre est métamorphosé par la compassion de la jeune fille et l'amour qu'il ressent pour elle.
    Puis ils se marient et ont beaucoup d'enfants.

    Mais comme pour chaque histoire, il y a plusieurs versions. Qu'importe ce que l'on a pu dire ou écrire, une question demeure : qu'est-ce qui a changé le prince en la Bête que l'on connaît?

    Voici l'une de ces histoires. Une histoire de bêtes, et, bien sûr, de belles.

    L'histoire de la Bête

    L'histoire de la Reine de Blanche-Neige de la même série m'avait beaucoup plu. C'est un personnage que l'on ne connaît que sous son aspect cruel et jaloux et Serena Valentino justifie ce caractère de façon crédible.
    Concernant la Bête, le travail était, à mon sens, plus difficile car tous les fans de Disney connaissent déjà l'essentiel de son histoire et la raison de sa métamorphose. De plus, ce n'est pas un Méchant. Certaines idées dans le déroulement de l'histoire sont bonnes et originales, mais cependant incohérentes avec le long métrage de Disney : l'amitié du Prince avec quelqu'un qui n'est pas du même rang que lui, le contexte de sa transformation qui en plus est progressive (non immédiate), etc.
    Les anecdotes avec ses deux prétendantes sont intéressantes et montrent parfaitement bien le caractère abject et méprisant qui a valu au Prince d'être puni. C'est ce profil du personnage qui est mis en avant durant la quasi totalité du roman et j'aurais aimé que cela s'équilibre avec une vision plus torturée du personnage. Il y a une énorme ellipse entre la transformation définitive du Prince et le moment où Belle essaie de toucher la rose magique, si bien qu'on ignore si la punition qu'il a subie a changé le héros ou non. Bref, je trouve qu'il y a beaucoup de maladresses dans le schéma narratif et que ce roman ternit complètement l'image de la Bête. De plus, les trois insupportables sœurs sorcières sont trop mises en avant. C'est dommage car l'écriture est agréable et le vocabulaire riche.
    Je me demande si choisir Gaston pour personnage principal n'aurait pas été plus judicieux... Qu'en pensez-vous?

     

    Note

    L'histoire de la Bête

    L'histoire de la Bête

            Ainsi, ils chevauchèrent de longues lieues durant pour atteindre, au bout d'un chemin peu fréquenté, une petite ferme que l'on discernait à peine sous le couvert des arbres.
            Sa belle Circé était là. Dans un enclos, elle nourrissait les cochons. Elle portait une robe grossière dont les pans se noyaient dans la gadoue. Ses cheveux étaient ternes et ses joues rougies par le dur labeur. Elle dut sentir le poids de leurs regards, car elle leva le front vers eux. Quand ses grands yeux croisèrent ceux de son prince, son seau lui glissa des mains. Il la regardait avec tant de dégoût et de mépris qu'elle en fût foudroyée sur place.
            - Viens ici, femme! ordonna-t-il, suintant la suffisance. Est-ce donc ainsi que tu accueilles tes invités?
            Au son de sa voix, elle sembla sortir de sa transe. Elle quitta l'enclos et se dirigea vers eux, qui ne s'étaient même pas donné la peine de descendre de cheval. Elle était si frêle sous leurs regards accusateurs.
            - Bonsoir, mon cher et tendre, dit-elle d'une voix douce. Quel bon vent vous amène?
           - Quel bon vent? Quelle bonne question! répondit-il d'un ton dédaigneux. Pourquoi ne pas m'avoir dit que ton père n'était autre qu'un simple porcher?
            Circé en resta bouche bée. Elle était confuse, désemparée.
            - Qu'entendez-vous par là?
            - Ne joue pas les ingénues avec moi! s'emporta-t-il. Comment as-tu osé me cacher une telle chose? Comment as-tu pu me mentir de la sorte?
            - Mais vous ne m'avez jamais posé la moindre question concernant mes parents! sanglota-t-elle, contrite. Je ne vous ai jamais menti! Qu'est-ce que cela pourrait-il bien changer? Nous nous aimons, et l'amour est plus fort que tout!
            - L'amour? Vraiment? Regarde-toi donc - couverte d'immondices de la tête aux pieds! Comment pourrais-je t'aimer?


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  • Dis Ours, tu dors?

     Dis Ours, tu dors?

    Scénario : Jory John
    Dessin : Benji Davies
    Editeur : Little Urban
    Année de parution : 2017
    Format : Grand format, couverture rigide
    Nombre de pages : 32
    Tranche d'âge : à partir de 3 ans

    Dis Ours, tu dors?

    Ours tombe de sommeil. Il aimerait tellement passer une bonne nuit. Canard, son voisin, est particulièrement en forme. Il aimerait tellement un peu de compagnie. Et s'il allait voir Ours? Un duo hilarant et une belle histoire du soir illustrée par le très talentueux Benji Davies.

    Dis Ours, tu dors?

    J'aime tellement Benji Davies! Ces illustrations d'albums jeunesse sont top! Regardez cette couverture : on est déjà en train de sourire. Et ce n'est que le début.
    Ours, avec ses yeux cernés, dans sa maison bleu nuit, est mort de fatigue. Il est temps qu'il aille dormir. Canard, lui, s'ennuie dans sa maison jaune pétant. Son idée est donc, bien entendu, d'aller embêter son pauvre voisin. Mais celui-ci ne va pas se laisser faire...
    On est face à un binôme à la Laurel & Hardy : le gros mammifère lent et poilu et le petit animal à plumes survolté; deux parfaits opposés. L'histoire est simple à comprendre d'une part car il n'y a que des dialogues sans description et d'autre part car Benji Davies a ce talent de faire passer beaucoup de choses par le dessin. On a souvent affaire à deux illustrations en face à face quand les deux héros sont séparés, et quand ils se retrouvent (car le palmipède est très têtu), plein de petites représentations du canard se succèdent sur une même page pour accélérer le rythme de l'histoire. Il nous épuise autant qu'il épuise Ours. Cependant, le sentiment qui domine est bien évidemment l'envie de rire; encore plus quand on découvre la chute de l'histoire qui est insoupçonnable.
    Cette histoire ravira les jeunes lecteurs. Elle pourra peut-être même donner une leçon aux petits insomniaques et arracher un sourire aux parents en manque de sommeil.

     

    Note

    Dis Ours, tu dors?

    Dis Ours, tu dors?

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    Pardon pour le manque de netteté...


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  • Le Perroquet

     Le Perroquet

    Scénario/Dessin : Espé
    Editeur : Glénat
    Année de parution : 2017
    Genre : BD indépendante
    Nombre de pages : 160

    Le Perroquet

    Bastien a 8 ans. Et sa maman est malade. Souvent, elle fait ce que son papa et ses grands-parents appellent des "crises". D'après les médecins, elle souffrirait de "troubles bipolaires à tendance schizophrénique". C'est pour ça qu'il faut régulièrement l'emmener à l'hôpital, dans des établissements spécialisés, pour prendre des médicaments. Bastien n'aime pas trop ça car quand elle revient, elle ne réagit à plus rien. Elle n'a plus aucun sentiment, plus aucune envie.

    S'inspirant de son propre vécu, Espé livre un récit aussi personnel qu'universel, celui d'un enfant perdu dans une réalité où l'imaginaire est le seul refuge; dans son regard, on ne lit qu'incompréhension et douleur face à la maladie de sa mère.

    Le Perroquet

    Voilà une BD qui m'a laissée sans voix. Un récit émouvant, triste, bouleversant... Je n'ai pas assez d'adjectifs pour la décrire.
    Comme il est dit dans le résumé, Bastien est un petit garçon; c'est à travers ses yeux qu'on voit la maladie de sa mère. Une mère déprimée et complètement hors de contrôle. A chaque seconde, son moral peut flancher et elle peut se retrouver dehors à hurler à la mort, se rouler en boule, s'arracher les cheveux, se jeter du haut des escaliers... Une vision d'horreur pour nous; mais Bastien raconte cela presque comme une anecdote. Il est habitué aux crises de sa mère. Cependant, ses séjours récurrents en établissements hospitaliers lui déchirent le cœur; sa mère lui manque cruellement. Il vit la plupart du temps chez ses grands-parents car son père est souvent débordé et dépassé par les événements.
    Bastien ne comprend pas toujours tout, il cherche des explications et ses hypothèses de petit garçon sont émouvantes de naïveté. Malgré la maladie de sa mère et les troubles familiaux qui en découlent, Bastien est un enfant qui passe du temps avec ses amis, qui s'amuse en toute innocence. Il ignore que, pendant ce temps, l'état de sa mère décline...
    J'ai envie de vous laisser découvrir la suite par vous-même car cette BD mérite vraiment le coup d’œil. La simplicité du dessin et des codes couleurs intensifient encore les événements. Les petits moments du quotidien sont développés sur des couleurs pâles, mais dès que la mère de Bastien flanche, c'est un rouge vif qui prend le relais. On capte très bien le regard vide de cette femme gavée de médicaments, sa fatigue, la frustration du grand-père... On ressent la détresse de toute la famille et aussi de cette femme. C'est vraiment brillant.
    Les sentiments multiples qui nous gagnent à la lecture durent jusqu'à la fin et jusqu'à la révélation sur le choix de cet étrange titre. C'est une BD brillante comme on aimerait en voir plus. Comme le dit Bastien, sa mère n'est pas en fauteuil roulant, elle ne marche pas avec une canne et des lunettes noires; sa maladie ne se voit pas et pourtant elle existe bien. Voir la schizophrénie exposée et expliquée ainsi nous sort partiellement de l'ignorance et nous met une bonne claque. Je suis ravie d'avoir pu lire cette BD et j'espère qu'elle fera beaucoup parler d'elle.

     

    Note

    Le Perroquet

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