• Tout ce que je ne t'ai pas dit

    Tout ce que je ne t'ai pas dit

    Auteur : Kylie Fornassier
    Éditeur : Fleurus
    Date de sortie : 9 février 2018
    Format : broché
    Genre / thématiques : romance, maladie
    Tranche d'âge : à partir de 15 ans
    ISBN : 9782215135678

    "Je déteste cette étiquette de Mutisme Sélectif : comme si je choisissais de ne pas parler, comme un enfant qui refuse de manger ses épinards! J'ai utilisé tous les trèfles à quatre feuilles que j'ai trouvés depuis que j'ai dix ans pour faire ce vœu : réussir à parler quand je le veux. Je suis en train de me demander s'il y aura assez de trèfles sur terre."

    A cause de sa maladie, Piper a perdu sa meilleure amie. Déterminée à ce que sa dernière année de lycée soit différente, elle fait sa rentrée dans un nouvel établissement. Elle y rencontre West, le joueur star de l'équipe de foot, le garçon dont tout le monde parle. Malgré la peur de Piper de perdre à nouveau un être cher et malgré tout ce qui les sépare, Piper se lie à West, sans que jamais elle ne réussisse à lui dire un seul mot...

     Ce roman présente deux lignes directives : d'un côté Piper et sa maladie, de l'autre son histoire d'amour avec West.

    Concernant le premier point, je ne suis pas restée indifférente. J'ai d'abord eu du mal à comprendre comment l'héroïne pouvait être apte à parler à certaines personnes et d'autres non; pour moi, le mutisme ne pouvait être que total. Je crois que je ne le comprends toujours pas aujourd'hui, mais Piper et son histoire permettent de le tolérer et de respecter. Tout le long du roman, l'adolescente n'a de cesse de le répéter : c'est quelque chose qu'elle a toujours eu, elle n'a subit aucun traumatisme et son problème ne s'arrangera pas du jour au lendemain. Paradoxalement, elle a une peur panique du jugement d'autrui et pourtant je lui trouve du courage. En revanche, je ne suis pas entièrement d'accord avec ce qui est dit dans le résumé, à savoir que c'est à cause de son mutisme que Piper et Cassie, sa meilleure amie, ont été séparées. Je ne raconterai pas ce qu'il s'est passé mais pour moi c'est un événement traité de façon très superficiel et qui aurait même pu être ôté du roman vu la simplicité avec lequel le problème est résolu.

    L'autre partie du roman, l'histoire d'amour, se construit avec une telle facilité que cela laisse rêveur. West est LE garçon parfait : sportif, gentil, honnête, drôle, compréhensif, attentionné, etc. Il ne juge personne et surtout Piper avec qui il communique facilement par écrit. Cela ne le dérange pas de faire parfois des monologues, tant qu'il est avec elle; du moins au début...Leur histoire est simple et très jolie; je n'en demandais pas plus. Même si la fin frôle le mélodrame, elle est nécessaire pour faire grandir Piper. Elle qui régulièrement se réfugie dans sa chambre noire (elle est passionnée de photographie) va devoir voler de ses propres ailes, sans l'aide de ses parents ou de ses trois frères et sœurs. Tous ensemble, ils forment une famille haute en couleurs dans laquelle les chamailleries font vite place aux moments de complicité. Ces passages sont très plaisants à lire.

    Sur fond d'histoire d'amour, l'histoire de cette adolescente australienne est un hymne à la tolérance et à l'ouverture d'esprit. Elle m'a beaucoup fait penser à Nos étoiles contraires de John Green; donc si vous avez aimé Hazel et Augustus, vous devriez aimer aussi Piper et West.

     

    Note

           - James Baldwin a dit un jour, "Les gens sont piégés dans l'histoire et l'histoire est piégée en eux."
         Monsieur Hill écrit la citation au tableau et se retourne vers la classe.
           - A votre avis, que voulait-il dire par là?
         Personne ne lève la main. Monsieur Hill attend une minute. Ses yeux passent d'élève en élève et finissent par s'arrêter sur moi.
           - Piper, dit-il tout content. Peux-tu dire ce que signifie cette citation?
         Je regarde autour de moi. Ce n'est pas possible, ce n'est pas à moi qu'il est en train de parler, là? Il me regarde, il hoche la tête pour m'encourager. Mon cœur bat tellement vite que j'ai l'impression qu'il bourdonne. Je fais non de la tête.
           - Il n'y a pas de mauvaise réponse, dit Monsieur Hill.
         Mais pourquoi les professeurs se sentent-ils toujours obligés de dire ça? Ils devraient plutôt dire qu'il y a plein de bonnes réponses, parce qu'il est évident qu'il y a aussi de mauvaises réponses. Si j'affirmais que Baldwin voulais dire par là que les ânes faisaient d'excellents cuisiniers, j'aurais complètement faux. Les professeurs attendent certaines réponses, de la même façon qu'ils attendent que tous les élèves soient capables de parler.
         Monsieur Hill fait un pas vers ma table.
           - Lance-toi! dit-il.
         Il essaye d'avoir l'air sympa, mais je sens une pointe d'agacement percer dans sa voix.
           Demandez à quelqu'un d'autre, l'imploré-je des yeux. J'ai l'impression que ma gorge est bloquée. J'arrive à peine à respirer, alors de là à parler...
           - Ça t'amuse de faire semblant de ne pas m'entendre?
         J'entends quelqu'un glousser au fond. J'ai les yeux qui commencent à piquer. Je baisse la tête et tente de ravaler mes larmes. Quelques autres élèves se mettent à rire.
         Je ne peux pas rester ici plus longtemps.
         J'arrive à me lever malgré mes jambes en coton qui manquent de me lâcher, et attrape mes affaires posées sur la table. Je passe en courant, oui, en courant, devant Monsieur Hill et devant toute la classe.
           - Piper? m'appelle-t-il depuis la porte.


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