• Lyla et la bête qui voulait mourir, Tome 1 

    Scénario : Assato Konami
    Dessin : Eziwa Saita
    Éditeur : Ki-oon
    Date de parution : 22 février 2018
    Genre : seinen
    Nombre de pages : 192
    ISBN : 9791032702154

      

    Dans une ville ravagée par la corruption, l'argent et la force font foi. La vie est particulièrement dure pour les chimères, mi-hommes, mi-animaux. Méprisées de tous, elles forment la plus basse des castes. Aron en fait partie. Pire, il a été élevé comme une bête par un parrain de la mafia dans le seul et unique but de tuer. Isolé et maltraité, il a gardé l'âge mental d'un enfant. Son seul refuge est un livre d'images dans lequel une petite fille aux yeux bleus emporte le héros de l'histoire au paradis. Aron ne rêve que d'une chose : trouver cet ange pour être délivré de sa vie de souffrances.

    Alors quand, au cours d'une mission, il tombe sur Lyla, jeune fille aux yeux du même bleu que le personnage du conte, c'est la révélation : c'est elle qui le libérera! Pour la première fois de son existence, il désobéit aux ordres de son maître et s'enfuit avec elle! A présent, il a la mafia aux trousses, dans un monde qu'il ne connaît pas, avec pour compagne une fille qui le hait plus que tout... 

    J'ai une affection toute particulière pour les seinens édités par Ki-oon et pour leurs scénarios riches et travaillés. Ici, nous avons affaire à ce qui semble être une réécriture de La Belle & la Bête. Aron est une chimère massive à tête de bélier et aux cheveux argentés. On a de suite conscience de cette allure puissante et dangereuse sur la couverture, avec cette main ensanglantée gigantesque aux griffes acérées. Et malgré son esprit simple et enfantin qui l'empêche de faire la différence entre fiction et réalité quand il rencontre Lyla, je dois admettre qu'Aron me fait peur. Ses réactions sont tellement imprévisibles... C'est un personnage à la fois fascinant et redoutable qui me plaît énormément.
    Il en va de même pour son acolyte forcée. Car si Lyla a de l'affection pour les chimères, elle voue une haine sans nom pour son ravisseur. C'est une jeune fille des bas quartiers courageuse et combative, et elle forme un duo plus qu'improbable avec Aron.
    Le scénario ne manque pas d'action. Nous sommes plongés dans un univers de mafia, de magouilles et de tueries quotidiennes. Le danger guette à chaque coin de rue. Je regrette cependant que le dessin manque de précision dans les scènes de combat, si bien qu'on ne comprend pas toujours immédiatement ce qui est en train de se dérouler. En revanche, il se passe énormément de chose dans les yeux d'Aron; si la chimère ne semble posséder aucune émotion, son regard est pourtant très expressif et reflète toute la confusion que cette nouvelle vie loin de la servitude fait naître en lui.

    Les deux héros de cette série m'ont séduite dès ce premier tome, et leur monde impitoyable également. J'attends maintenant de voir comment leur aventure va évoluer...

     

    Note

    Lyla et la bête qui voulait mourir, Tome 1

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  • Pierrot et Miette

     

    Auteur : Sophie de Mullenheim
    Éditeur : Fleurus
    Date de parution : 13 avril 2018
    Format : relié
    Genre / thématique : historique
    Nombre de pages : 216
    Tranche d'âge : à partir de 9 ans
    ISBN : 9782215135869

     

    - Tu as mal? s'angoisse le garçon en se penchant vers Petit Père. Quelqu'un t'a fait mal? [...]
    Le vieil homme tend la main et la pose sur l'épaule de son petit-fils avec tendresse.
    - C'est Miette... dit-il d'une voix éteinte.
    Pierrot pâlit.
    - Ils l'ont emmenée... Les soldats. [...] Ils m'ont dit qu'ils avaient besoin des chiens, de tous les chiens... Sur le front. Dans les tranchées. Pour passer des messages. Je n'ai rien pu faire, mon Pierrot. Rien...
    Pierrot ferme les yeux, incapable d'articuler le moindre mot. Puis, tout à coup, il s'arrache à l'étreinte de son grand-père et sort de la maison en hurlant.
    - Miiiieeeetttttte !
    La guerre vient de lui prendre sa meilleure amie.

    Vous aussi, rien qu'à ce stade, vous vous dites "ouh la, il faut que je prépare les mouchoirs"? J'étais dans cet état d'esprit en commençant la lecture.
    La séparation évoquée dans le résumé a lieu dès le premier chapitre. Nous n'assistons à aucune scène entre le petit héros et son chien, mais cela n'enlève rien au déchirement et au choc qui en découlent. Nous allons donc suivre en parallèle le parcours de Miette emmenée au front, et celui de Pierrot, orphelin élevé par son grand-père, déterminé à la retrouver.
    Par le biais de cette belle histoire d'amitié, l'autrice met en lumière le quotidien des soldats français durant la première guerre mondiale. Pataugement dans la boue des tranchées, manque des familles, combats, blessures, mais aussi camaraderie, entraide et solidarité. L'autrice parvient à détourner les éléments violents avec des scènes plus joyeuses et attendrissantes; tout ceci dans un rythme dynamique. Les pages défilent à grande vitesse (le désir irrépressible de savoir s'il va arriver malheur à la chienne y est aussi pour beaucoup).
    On s'attache à tous les personnages, aussi bien les deux héros que les personnages secondaires. Chacun véhicule de très belles valeurs.
    Sophie de Mullenheim nous offre une belle et grande aventure historique placée sous le signe de l'amitié. A l'instar de Belle et Sébastien, ces deux acolytes seront adorés par chaque lecteur.

     

    Note

         - Mais je croyais qu'on devait trouver un nouveau cantonnement, s'alarme Cyprien. On ne devait pas aller en première ligne avant plusieurs jours! Ils me l'avaient dit! Pas en première ligne avant plusieurs jours...
          - Ça, sourit Petit Beurre, amer, c'était avant que les Allemands ne percent nos lignes. A la guerre, on ne peut jamais rien te promettre. Pas même de rentrer chez toi vivant.
         Le visage de Cyprien prend une teinte de cendre. Les derniers mots de Petit Beurre le terrifient. Il panique. La sueur perle sur son front. Sa vue se trouble. Il sent ses mains devenir moites.
          - Calme-toi, petit, lui souffle Petit Beurre qui s'en veut d'avoir trop vite parlé. Ce n'est pas aussi épouvantable qu'on le dit, la première ligne. Regarde-moi, j'en suis bien revenu! ajoute-t-il penaud, pour se rattraper. [...]Ne t'occupe pas du chien. Son dressage devient le cadet de nos soucis. Mais c'est maintenant que nous allons voir si tu as faut du bon travail.
         Cyprien se calme peu à peu. Il est reconnaissant à Petit Beurre de s'occuper si bien de lui. Après tout, personne ne lui a rien demandé et il a directement pris le jeune homme sous sa protection.
          - Tu entends ça, Miette, dit-il en se penchant sur la chienne pour la caresser. Il va falloir faire nos preuves.


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  • Mon chat sauvage*

    Texte / Dessins : Isabelle Simler
    Éditeur : Editions courte et longues
    Date de parution : 29 mars 2018
    Format : petit format, couverture rigide
    Nombre de pages : 64
    Tranches d'âge : à partir de 3 ans
    ISBN : 9782352901952

    Quel est cet animal étrange qui se laisse fondre sur un radiateur, disparaît durant des heures sans jamais répondre aux appels angoissés de ses maîtres, ce félin qui a tous les attributs du fauve et toute l'artiste mollesse d'un dandy ?... Un redoutable chasseur qui n'aime rien tant que ronronner sans se préoccuper du monde qui l'entoure... A moins qu'il n'ait décidé qu'il devait vous foncer dessus et jouer avec vous...

    Vous êtes intrigué par ce livre à la couverture vintage, avec son félin aux grands yeux? Jetez-vous dessus!

    Cela n'est pas flagrant au premier abord, mais cet album est excessivement drôle! Il se présente d'une façon assez simple : sur la page de gauche, une affirmation basique sur le chat + une explication plus savante; sur la droite une illustration. La combinaison des deux forment une ambiance très ironique. Le chat est décrit comme un animal chasseur, élégant, sauvage et imprévisible; mais les dessins contredisent complètement ces affirmations (principe de l'antiphrase). Les propriétaires de chat(s) vont adorer et risquent fort de reconnaître leur animal de compagnie dans ce livre.

    Les dessins sont jolis, très colorés autour de ce chat noir dont on aperçoit rarement la frimousse.

    Si j'ai mis l'accent sur l'humour ironique, le livre peut néanmoins être accessible aux plus jeunes avec sa conclusion simple et mignonne.

    Ce petit livre, dont l'auteur et l'éditeur m'étaient inconnus, est une super découverte qui mérite amplement de se faire connaître.

     

    Note

    Mon chat sauvage*

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  • Qui ment?

    Auteur : Karen M. McManus
    Éditeur : Nathan
    Format : broché
    Date de parution : 22 mars 2018
    Genre /thématique : policier
    Nombre de pages : 464
    Tranche d'âge : à partir de 12 ans
    ISBN : 9782092575215

    5 lycéens - 1 mort = 4 suspects
    Tous cachent un secret
    Qui ment?

    Browyn l'intello, Cooper le sportif, Nate le délinquant, Addy la reine de beauté et Simon le gossip boy se retrouvent en retenue un après midi.
    Seulement, ce dernier ne ressortira jamais vivant de cette heure de colle... Et les enquêteurs en sont sûrs, sa mort n'est pas accidentelle.
    Browyn, Addie, Nate et Cooper deviennent les principaux suspects du meurtre lorsqu'on découvre un article écrit par Simon contenant des révélations sur chacun d'eux.

    Jusqu'où sont-ils prêts à aller pour protéger leurs secrets?

     Si on en croit le titre et le résumé, l'histoire met en scène une enquête stressante et angoissante au cœur d'un lycée. C'est effectivement le cas; cependant, le tout est édulcoré par les récits souvent trop longs du quotidien des quatre principaux suspects. Bien entendu, le bad boy n'a ni famille ni amis, l'intello est remplie de principes, la reine de beauté n'est rien sans son petit ami et le sportif a un père trop exigeant. Bref, dans la première partie du livre, au sein de ce lycée huppé sorti d'un univers à la Gossip Girl, les personnages sont loin d'être surprenants et attachants. Et surtout, l'histoire manque cruellement d'action! Cela va évoluer peu à peu et plusieurs personnages vont être mis en lumière, mais hélas au détriment des autres. J'ai trouvé Cooper et Addy inintéressants.

    L'écriture est simple, tout comme le vocabulaire. Mais l'écriture à la première personne m'a dérangée. Il y quatre "je" différents, et par conséquent, quatre vies de familles différentes, quatre cercles d'amis différents, etc. Cela créé de la confusion.

    Il y a pourtant une chose que je dois reconnaître : malgré toutes les suppositions que j'ai faites tout au long de l'histoire, je n'ai jamais deviné la vérité. Cette fin rattrape le reste du roman, car il ne faut garder en tête que son principal sujet est l'enquête sur le meurtre de Simon. La romance qui s'invite au milieu de tout ce chaos est également agréable à suivre.

    Ce livre est donc un roman policier correct mais il aurait gagné en intensité de façon significative si la personnalité des protagonistes avait été plus travaillée.

     

    Note :

           "Tout le monde a pu observer la drague entre TC notre jolie et gentille allumée de service et GR le nouveau mec plein de fric. Mais qui aurait cru que ça pouvait devenir sérieux? Visiblement pas le petit ami de TC, tranquillement assis sur les gradins au match de samedi pendant qu'elle se faisait tripoter juste en dessous. Désolé, JD. Toujours le dernier au courant.

           Le truc avec Askip, c'est qu'on peut quasiment être sûr que tout est vrai. Simon l'a créée en seconde après les vacances de Pâques, en revenant d'une espèce de stage de codage hors de prix dans la Silicon Valley. Il ne laissait personne poster quelque chose dessus.
           Il avait des sources dans tout le lycée et il était sélectif et prudent sur ce qu'il publiait. La plupart des gens concernés niaient l'info ou se contentaient de l'ignorer, mais il ne se trompait jamais.
           Il ne m'avait jamais prise pour cible. Je suis bien trop clean pour ça. Il n'y a qu'une seule chose que Simon aurait pu écrire sur moi, et il lui aurait été presque impossible de l'apprendre.
           Et maintenant, il ne risque plus de le faire.


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  • Artiste, un chef d'exception

    Dessin/Scénario : Taro Samoyed
    Éditeur : Glénat
    Date de parution : 7 mars 2018
    Genre : seinen
    Nombre de pages : 208
    ISBN : 9782344027301

    Gilbert travaille dans un grand restaurant parisien. Suite à une altercation, il se retrouve relégué du rang de cuisinier à celui de plongeur. Jour après jour, il ne fait que laver des assiettes... mais l'arrivée de Marco, un jeune homme un peu désinvolte, bouleverse bientôt son univers.
    Comment survivre en cuisine quand on a du talent mais pas le moindre courage?
    Suivez l'itinéraire d'un cuisinier craintif sur la voie du succès.

    Merci à Babelio et aux éditions Glénat pour m'avoir accordé leur confiance.

    J'aimais beaucoup l'idée d'un manga sur la cuisine. J'en avais déjà lu quelques uns avec des ambiances différentes tels que Food Wars de Yuto Tsukuda ou le brillant Gourmet solitaire de Jirô Taniguchi. Mais à la différence des autres mangakas, Taro Samoyed s'attaque au monument de la cuisine française.

    L'ambiance dynamique et la pression que l'on met sur les épaules des employés de restaurants se ressent dès les premières pages. Mais un personnage semble complètement imperméable à toute cette agitation : Marco, dont c'est le premier jour de travail ici. Cheveux ébouriffés, oreilles percées, il a un physique sympathique et on l'apprécie rapidement (que ce soit les autres employés ou le lecteur). On lui demande de faire équipe avec celui qui, potentiellement, est le héros de cette série : Gilbert. Caché derrière sa longue mèche brune, c'est un jeune homme extrêmement doué dans la cuisine mais dont la maladresse et la timidité excessive l'ont relégué au rôle de plongeur. Je ne vous mentirai pas à ce sujet : j'ai détesté ce personnage.
    Dans tous les reportages et récits qu'on nous rapporte sur le travail dans la restauration gastronomique, on retient que cela exige de la rigueur, de la discipline et beaucoup de sang froid. Les éléments faibles se font vite éjecter. Malgré son talent, je n'explique pas du tout la présence de Gilbert dans ce restaurant, et de manière générale dans la cuisine gastronomique. Il ne fait pas le moindre effort pour sortir de sa torpeur et tout le monde est constamment obligé de le prendre par la main. Il y a notamment une scène où le héros se retrouve seul face à un grand chef et où ce dernier est contraint de retenir physiquement Gilbert qui cherche à fuir à plusieurs reprises. J'ai bien compris que cette scène se voulait drôle, mais pour ma part je l'ai trouvée surtout naïve. Du coup, difficile d'apprécier un manga dont on n'aime pas son héros...
    Les traits des personnages manquent parfois de finesse, il arrive que les bulles soient mal incrustées au point de ne pas savoir qui parle, les passages humoristiques ne fonctionnent pas... Bref, ma lecture fut laborieuse.
    Et pourtant, sur la fin, un passage a retenu mon attention : la visite de l'appartement. Gilbert cherche à déménager et la propriétaire qu'il rencontre ne loue ses appartements qu'à des artistes. Le personnage de Catherine, la propriétaire, m'a énormément plu; froide et en même temps sensible à l'art. J'ai trouvé cette scène douce, presque émouvante. Malheureusement, elle ne suffit pas à elle seule à sauver l'histoire.

    Ce manga est une accumulation de mauvais choix scénaristiques : le principal étant d'avoir mal associé le héros et l'univers dans lequel il évolue. Le tout manque de crédibilité, l'histoire est trop gentillette. C'est vraiment dommage car l'univers des cuisines françaises me plaisait vraiment et le personnage de Marco était intéressant.

     

    Note

    Artiste, un chef d'exception

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