• Presque ensemble

    Presque ensemble

    Auteur : Marjorie Philibert
    Editeur : JC Lattès
    Format : ebook
    Année de parution : 2017
    Genre : romance, parcours de vie
    Nombre de pages : 376

    Presque ensemble

    Nicolas et Victoire tombent amoureux. Après l’insouciance des études, vient le premier appartement, le premier salaire, le premier lave-linge. Mais cette vie si satisfaisante, peu à peu, ne remplit pas ses promesses. Rien n’arrive et rien ne leur arrive. Ils n’ont pas envie de changer le monde, ils n’ont pas les idéaux et les paradis artificiels de leurs parents. Leur rendez-vous avec l’histoire, ils le vivront à travers la télévision avec l’arrivée de Loft Story.
    Ils sont surdiplômés, sous-employés et ils étouffent. L’érosion des sentiments, le poids des habitudes les submergent. Dans les couloirs du métro ils rêvent de campagne, de voyages, de liberté. Ils voudraient toucher du doigt quelque chose de plus grand qu’eux ou simplement le sentiment d’exister. L’arrivée de Ptolémée, le chat, leur donne un temps seulement, un sentiment de plénitude.

    Presque ensemble

    L'histoire commence le soir du 12 juillet 1998. Le soir où l'équipe de France de football a remporté la coupe du monde. Nicolas et Victoire se rencontrent et passent la nuit ensemble. L'un et l'autre n'ont aucune attente sentimentale et pourtant ils vont rester ensemble la nuit suivante, et encore celle d'après... Malgré la difficulté des études, ils décident de s'installer dans un petit appartement où la routine s'installe peu à peu. Ils vivent ensemble l'épisode caniculaire de 2003, la toute première diffusion de Loft Story, etc. Le passage à la vie active ne va pas arranger leurs soucis financiers. Pourtant, Victoire écrit des critiques sur des hôtels de luxe et Nicolas travaille pour un magazine qui fait des statistiques sociales.
    Ce n'est pas le boulot de leur rêve, ce n'est pas ce qu'ils attendaient de la vie.
    Les événements ont-ils un sens? La vie elle-même a-t-elle un sens?
    Adopter un chat ne rapproche pas les amoureux, tromper l'autre ne les soulage pas de leurs frustrations, les petits défauts de l'un exaspère l'autre... Jusqu'à l'issu fatale.

    Ce que j'ai apprécié dans cette histoire d'amour, c'est qu'elle s'inscrit dans un contexte socio-culturel précis qui va avoir un impact sur les deux amants. Ce n'est pas juste une histoire où les personnages sont recentrés sur eux-mêmes; les problèmes qui vont les toucher viennent aussi de l'extérieur. En cela, je trouve ce roman d'une cruelle réalité.

    On a tous rêvé jeune de changer le monde, de faire de grandes choses, d'être libres... Nicolas et Victoire sont comme nous et sont anéantis par les désillusions de "la vie réelle".

    J'ai tellement aimé l'histoire de leur relation qu'on suit du début jusqu'à la fin que ce qu'il se passe après la rupture m'a moins intéressée. Je trouve en plus que le point final tombe alors que le roman n'est pas totalement terminé. Il lui manque quelque chose; peut-être une issue qui donne à réfléchir.

    Concernant le style d'écriture, je l'ai trouvé agréable, sophistiqué. Bien que le fait de développer dans un chapitre entier un événement simple soit parfois un peu lourd, je dois reconnaître que l'auteur a une très bonne maîtrise de la langue française.

    C'est un roman, certes peu joyeux, mais que je recommande chaudement à ceux qui veulent lire une fiction dotée d'une certaine crédibilité. Je me suis sentie très proche des personnages et de leurs questionnements perpétuels.

     

    Note : 

    Presque ensemble

    Presque ensemble

             Selon lui, elle était méchante, injuste à son égard, toujours insatisfaite, comme sa mère; et cela même alors qu'elle était molle et velléitaire; qu'elle se traînait dans la vie, sans ambitions ni moyens de les réaliser. Elle avait été un frein à bien des choses qu'il aurait voulu faire; elle ne pouvait s’empêcher de donner des leçons alors qu'elle ne savait faire qu'une chose, se laisser aller; d'ailleurs elle avait grossi.
             Elle suffoqua. Il était seul responsable de l'existence qu'ils menaient, terne et triste; il ne la faisait plus rire depuis longtemps; elle ne faisait plus l'amour avec lui que pour lui faire plaisir; d'ailleurs ils ne le faisaient plus, et ça ne lui manquait pas. Au fond, il ne l'avait jamais fait rêver : elle avait cru qu'il était un type qui avait de l'envergure, de ceux qui vous propulsent dans la vie mais aujourd'hui, elle devait bien le reconnaître, elle s'était trompée.

    Presque ensemble

    Merci à NetGalley et aux éditions JC Lattès pour ce service de presse.


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  • Le petit livre qui dit "c'est à moi!" 

    Le petit livre qui dit "c'est à moi!"

    Texte : Swann Meralli
    Dessin : Carole Crouzet
    Editeur : p'titGlénat
    Format : grand format, couverture rigide
    Année de parution : 2016
    Nombre de pages : 32
    Tranche d'âge : à partir de 3 ans

    Le petit livre qui dit "c'est à moi!"

    Mademoiselle n'est pas prêteuse quand on lui demande de jouer avec son petit cousin ! Elle n'en fait qu'à sa tête et lui reprend les jouets sans états d'âme !

    Le petit livre qui dit "c'est à moi!"

    Cet album entre dans la catégorie que j'aime appeler "simple et efficace". Premièrement, il n'y a pas de narration; rien que du dialogue bref et concis. Deuxièmement, les personnages sont peu nombreux et ils n'ont pas de nom : il y a la petite rouquine et son cousin (et les bras d'un adulte qui n'est pas identifié). La situation est donc extrêmement simple à expliquer aux plus jeunes : une petite fille refuse de prêter ses jouets à son cousin; ni son ours en peluche, ni son ballon, ni son cheval à bascule, ni sa couronne, ni ses livres... RIEN!
    Avec ses couettes rousses, sa jupe plissée et son air colérique, l'héroïne a tout de la petite chipie. Elle court dans tous les sens, attrape tout, crie à tout-va... Le dessin dynamique aux couleurs pétillantes est vraiment le gros gros plus du livre! A côté de la mini tornade rousse, le pauvre petit cousin blondinet aurait pu fondre en larmes mais il n'en est rien. Il est la figure attendrissante de l'histoire et c'est son comportement qui va amener la jolie fin et faire changer le comportement de sa cousine.

    Ce livre aux dessins plein de peps est parfaitement adapté pour apprendre la notion de partage dès le plus jeune âge. Les grimaces constantes de la mistinguette arracheront très certainement un sourire aux lecteurs petits et grands.

     

    Note : 

    Le petit livre qui dit "c'est à moi!"

    Le petit livre qui dit "c'est à moi!"

    (cliquer sur l'image pour voir en grand)


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  • Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière 

    Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière

    Auteur : M.C Beaton
    Editeur : Albin Michel
    Format : ebook
    Année de parution : 2016
    Genre : policier, humour
    Nombre de pages (en edition papier) : 245

    Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière

    De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d'une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu'amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s'annonce déjà comme son triomphe. Mais une Agatha Raisin ne s'incline pas avant d'avoir combattu (quitte à se livrer à l'une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) ! C'est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs. De toute évidence, Agatha n'était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale…

    Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière

     Phénomène littéraire de cette fin d'année, la série des Agatha Raisin pourrait être qualifiée de polar "soft", accessible à ceux qui ne sont pas forcément adepte de romans noirs (ce qui est mon cas). Pas de pot pour la jardinière est un tome 3 mais peu se lire indépendamment des histoires précédentes.

    Au début de ce roman, nous retrouvons l'héroïne, Mrs Raisin, de retour dans son petit village anglais de Carsely après une longue absence. Comme n'importe quelle petite commune, tout le monde se connaît; Agatha fait d'ailleurs figure d'étrangère car elle n'y vit pas depuis aussi longtemps que les autres. Quinquagénaire avec un peu d'embonpoint et des manières pas toujours très distinguées, elle est souvent montrée du doigt pour ses excentricités; néanmoins, les gens reconnaissent son efficacité dans les précédentes enquêtes.
    Parmi les gens qu'Agatha retrouve, il y a son voisin, James Lacey, pour lequel elle éprouve des sentiments depuis un long moment. Cependant, elle n'essuie que des échecs. Alors qu'elle découvre qu'une nouvelle habitante, Mary Fortune, tourne autour de James, elle est gagnée par une furieuse jalousie et s'apprête à démarrer les hostilités.
    J'avoue m'être un peu ennuyée durant cette première partie. Avec tous ces cancans et ces bassesses pour gagner le cœur d'un homme qui ne montre aucun penchant pour l'une ou l'autre, j'avais l'impression de me retrouver dans une adaptation de "Desperate Housewives" en Angleterre. Le triangle amoureux façon vaudeville ne tient pas la route car James est un personnage complètement creux et je ne m'explique pas l'attachement des deux femmes pour lui. De manière générale, je n'ai pas été très réceptive à l'humour de ce roman.
    Agatha Raisin n'a rien de l'enquêtrice irréprochable. Elle est même prête à tricher au concours de jardinage pour évincer sa concurrente et impressionner James. Malgré sa perspicacité (que l'on découvrira par la suite), c'est une héroïne peu amicale que j'ai eu du mal à apprécier.
    L'histoire commence à être plus intéressante quand on découvre le corps sans vie de Mary Fortune (dans une position complètement grotesque qui m'a fait sourire). L'enquête commence enfin! Les accusations fusent : "c'est forcément quelqu'un d'étranger", "ça ne peut venir que de l'intérieur du village"... Au fur et à mesure des auditions, Agatha et James vont découvrir une facette de Mary qu'ils ne soupçonnaient pas et réalisent que, contrairement à ce qu'il y paraît, la bonne entente n'est pas reine à Carsely.
    L'enquête continue. A côté, Agatha ne perd pas son objectif d'en mettre plein la vue à James l'indifférent. C'est au cours d'un événement anodin qu'ils découvrent l'indice majeur qui va désigner le coupable. Concernant le mobile du meurtre, je suis très déçue. J'aurais souhaité quelque chose d'un peu plus recherché.

    Je suis passée totalement à côté de ce roman. Je n'y ai pas retrouvé l'humour cinglant que j'espérais et je n'ai ressenti aucun attachement pour les personnages. Je dois néanmoins reconnaître que l'auteur a parfaitement décrit le voyeurisme et les petits secrets malsains qui circulent dans les hameaux perdus. Personne ne peut avoir de vie privée dans un décor pareil; du moins, en apparence...

     

    Note

    Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière

    Agatha Raisin : Pas de pot pour la jardinière

            La nouvelle venue portait une robe courte en jersey blanc agrémentée de bijoux en or. C'était la première fois qu'Agatha la voyait porter autre chose que du vert. La robe, très courte, moulait sa silhouette parfaite et dévoilait ses longues jambes, mises en valeur par des bas brun clair, qui se terminaient par des sandales à lanières à talons hauts. Sa chevelure dorée resplendissait dans la lumière. Ses yeux étaient très grands et très bleus. Elle n'avait jamais paru plus magnifique : son entrée fut accueillie par un brusque silence appréciateur. James s'était tu, lui aussi, et contemplait Mary avec une admiration non dissimulée. Oh! une jalousie aussi aigre que la bile submergea Agatha. Elle se sentait vieille et moche.

             James retrouva la parole. "Mary, dit-il avec chaleur, qu'est-ce que tu prends?
    - Un Campari soda, chéri", répondit Mary.
            Puis elle posa une main possessive sur son bras et lui adressa un sourire suggérant une telle intimité qu'Agatha eut envie de la frapper.

     

     → En lecture commune avec Pause Polars ←


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  • Chroniques lunaires, tome 0.5 : "Il était une fois... Cinder"

    Chroniques lunaires, tome 0.5 : "Il était une fois... Cinder"

    Auteur : Marissa Meyer
    Editeur : 12-21
    Série : Chroniques lunaires
    Format : ebook
    Année de parution : 2013
    Genre : nouvelle
    Nombre de pages : 41

    Chroniques lunaires, tome 0.5 : "Il était une fois... Cinder"

    À tout juste 11 ans, Cinder découvre New Bejing et sa nouvelle famille. De l'Europe et de ses vrais parents, elle n'a aucun souvenir. Elle ne sait d'eux que ce que son beau-père lui a appris : ils sont morts dans un accident qui a aussi failli lui coûter la vie. Pour la sauver, les médecins ont dû lui greffer une main et une jambe de robot. Cinder a des difficultés à s'habituer à son nouveau corps de cyborg. Sans parler des informations encyclopédiques qui sont projetées dans son champ de vision sitôt qu'elle est confrontée à une situation inconnue.
    Si elle se lie facilement d'amitié avec ses nouvelles sœurs, Pearl et Peony, Cinder comprend très vite que sa belle-mère ne l'accueille pas de gaieté de cœur. Et le drame qui menace sa famille d'accueil ne va rien arranger...

    Chroniques lunaires, tome 0.5 : "Il était une fois... Cinder"

    Le résumé de cette nouvelle est quasiment aussi long que la nouvelle elle-même. Sur les 40 pages annoncées, seule la moitié est consacrée à l'arrivée de Cinder dans sa famille adoptive; le reste est un extrait du tome 2.
    Difficile donc de critiquer 20 pages de récit... Je pense tout simplement que l'auteur aurait pu se passer de ce prélude. Le peu qui est raconté ne nous apprend rien sur la vie de Cinder. La rencontre avec les différents membres de sa famille est telle que n'importe qui peut l'imaginer : froide avec sa belle-mère et la fille aînée, joviale avec la plus jeune. J'aurais intimement aimé qu'il se tisse un lien particulier entre Cinder et son beau-père mais il n'en est rien : l'homme est très effacé, limite transparent.
    Aucun détail du récit n'est développé en profondeur, aucun secret n'est révélé. Le premier contact avec Iko n'a rien d'exceptionnel et la fin brutale qui était déjà évoquée dans Cinder n'offre aucune information inédite. Le sentiment que j'ai ressenti à la lecture de la dernière phrase c'est : "c'est tout?!"
    Gagnée par la frustration, j'ai lu les deux chapitres extraits du tome 2. On découvre une héroïne au caractère bien trempée inquiète à cause de la disparition de sa grand-mère. On comprend que les événements qui la concernent se déroulent après ceux de Cinder mais la fin de l'extrait ne nous en révèlent pas beaucoup plus; cette fois, en revanche, c'est l'excitation qui naît. On nous laisse en suspend à la fin d'une scène mouvementée dans un restaurant où les personnages principaux font une apparition très remarquée. C'est une excellente mise en bouche!
    Ce qu'il me reste de cette lecture dans sa globalité, c'est un sentiment de trop peu.

     

    Note

    Chroniques lunaires, tome 0.5 : "Il était une fois... Cinder"

    Chroniques lunaires, tome 0.5 : "Il était une fois... Cinder"

    - Cinder, continua l'homme, je te présente ma fille aînée, Pearl, et ma cadette, Peony. Et voici mon adorable épouse, Adri. Ta nouvelle belle-mère.

            Elle examina les deux fille à travers le rideau de ses cheveux châtains. Toutes deux paraissaient fascinées par sa main en métal. Cinder aurait voulu disparaître dans le sol. La plus jeune, Peony, lui demanda : 

    - Est-ce que ça t'a fait mal, quand on te l'a installée?

            Ayant retrouvé l'équilibre, Cinder lâcha l'homme et plaqua sa main contre son flanc.

    - Je ne m'en souviens pas.
    - Elle n'était pas consciente pendant l'opération, Peony, expliqua l'homme.
    - Je peux toucher? demanda la jeune fille, en avançant les doigts.
    - Ca suffit, Garan. On nous regarde.

           La voix aigre fit sursauter Cinder, mais sa "belle-mère" ne les regardait pas. Elle fixait plutôt la maison de l'autre côté de la rue.
           Garan. Voilà comment il s'appelait. Cinder mémorisa le nom, puis suivit le regard d'Adri. Un homme les observait, derrière la fenêtre d'en face.

     


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  • Chroniques lunaires T.1 : "Cinder"

    Chroniques lunaires T.1 : "Cinder"

    Auteur : Marissa Meyer
    Éditeur : Pocket Jeunesse
    Série : Chroniques lunaires
    Format : poche (livre gratuit)
    Année de parution : 2013
    Genre : Romance, Science-Fiction
    Nombre de pages : 414

    Chroniques lunaires, tome 1 : "Cinder"

    Humain et androïdes cohabitent tant bien que mal dans la ville de New Beijing.
    Une terrible épidémie ravage la population.
    Depuis l'Espace, un peuple sans pitié attend son heure....
    Personne n'imagine que le salut de la planète Terre repose sur Cinder, brimée par son horrible belle-mère. Car la jeune fille, simple mécanicienne, mi-humaine, mi-cyborg, détient sans le savoir un secret incroyable, un secret pour lequel certains seraient prêts à tuer...

    Chroniques lunaires, tome 1 : "Cinder"

    J'ai commencé cette lecture avec appréhension à cause de deux points. Le premier est que la science-fiction n'est pas un genre littéraire que j'affectionne beaucoup. Le deuxième est que les sagas adulées par un grand nombre de lecteurs me font fuir car mon avis se rallie très rarement à la majorité.

    Le personnage de Cinder est présenté dès les premières lignes du livre. L'auteur ne se perd pas dans une description d'un royaume à la politique complexe, ce qui est d'emblée un gros point positif. Le lecteur comprend aisément au fur et à mesure dans quel contexte l'histoire se déroule, à savoir notre géographie actuelle, perturbée de multiples conflits internationaux. On peut apparenter la ville fictive de New Beijing à Pékin.

    Cinder est une héroïne forte, courageuse, qui travaille en tant que mécanicienne pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille adoptive composée de sa détestable belle-mère Adri et de ses deux filles, Pearl et Peony. Dès le début du roman, la jeune cyborg a les mains dans le cambouis et se visse un nouveau pied en métal. On est totalement aux antipodes du cliché de l'héroïne naïve, gracieuse et belle comme le jour!

    On assiste donc aux aventures de cette héroïne atypique sur fond du conte de fée mondialement connu; et en même temps, avec le danger d'une épidémie de maladie mortelle et la menace d'une guerre extraterrestre, on est loin de la belle histoire de princesse! Les détails essentiels du conte sont identifiables et réinventés sans maladresse dans ce monde où la robotique régit toutes les populations. On découvre également des vaisseaux spatiaux, des laboratoires scientifiques au matériel de pointe, etc. Cinder est elle-même un vrai bijou technologique; certaines de ses capacités nous rendraient même presque envieux. Mais malgré ses compétences, un événement tragique va faire tout basculer. A partir de là, le lecteur passe par toutes les émotions : tristesse, colère, surprise, excitation... La narration est vraiment fluide, sans fioriture. On ne s'ennuie jamais!

    Les personnages "méchants" sont vite identifiés. La reine Levana m'a fait penser à la reine de Blanche-Neige, avec son obsession pour la beauté et les miroirs. J'ai hâte d'en découvrir plus sur elle car j'aimerais que sa cruauté soit "justifiée" et qu'elle ne soit pas juste la super méchante de la saga. Même survolé, la personnalité du prince est globalement exposée : un jeune prince exemplaire, juste et dévoué. Pourtant derrière cette allure d'homme parfait, on sent qu'il rêve de sortir de sa prison protocolaire et que Cinder est justement la clé de cette échappatoire. Ce qui me plaît dans leur romance, c'est que l'auteur n'invente pas des tonnes de rencontres hasardeuses : les deux personnages se rencontrent peu; cela ne fait qu'intensifier la tension amoureuse qui règne entre eux. Les personnages secondaires sont également travaillés en profondeur; j'ai notamment une grande affection pour Iko l'androïd.

    Même si j'ai compris la révélation finale dès le début du roman, les diverses révélations et péripéties m'ont tenue en haleine tout le long de la lecture et le côté science-fiction est suffisamment modéré pour ne pas rebuter les lecteurs qui n'y sont pas habitués. C'est une lecture que je recommande très vivement aux adolescents comme aux adultes pour son originalité et son écriture particulièrement efficace!

     

    Note :

    Chroniques lunaires, tome 1 : "Cinder"

    Chroniques lunaires, tome 1 : "Cinder"

           Comme il ne disait plus rien, elle se risqua à lever les yeux vers lui. Il contemplait ses mains. Cinder les croisa d'un geste vif sur sa poitrine, en vérifiant que ses gants étaient bien enfilés.
    - Vous ne les enlevez donc jamais? s'étonna-t-il.
    - Non.
            Kai pencha sa tête sur le côté en la scrutant, comme s'il pouvait voir jusqu'à la plaque en métal à l'arrière de son crâne. L'intensité de son regard ne faiblit pas.
    - Je crois que vous devriez venir au bal avec moi.
           Elle se tordit les doigts. Il paraissait beaucoup trop sincère et sûr de lui. Elle avait les nerfs à vif.
    - Par les étoiles! grommela-t-elle. Vous ne me l'avez pas déjà demandé?
    - J'espère obtenir une réponse plus favorable, cette fois. Il semble que je sois de plus en plus désespéré.
    - Charmant.
           Kai fit la moue.
    - S'il vous plaît...?
    - Pourquoi?
    - Pourquoi pas?
    - Je veux dire : pourquoi moi? 


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